Le SDIS 25 travaille sur une réponse adaptée en cas d’attaque terroriste et renforce sa collaboration avec les forces de sécurité.
Les sapeurs-pompiers du Doubs ne sont pas à l’abri du risque terroriste. La configuration du territoire, la proximité de la frontière, la nécessité d’intervenir en renfort mais aussi le fait d’être des cibles potentielles, sont autant de raisons pour le SDIS 25 de s’engager dans la lutte contre le terrorisme, en planifiant une organisation et des réponses adaptées. En décembre 2014 déjà, avec l’application à son plus haut niveau du plan Vigipirate, le directeur départemental du SDIS rappelait, dans une note à destination de tous les personnels, la vigilance dont ils doivent faire preuve.
La coopération avec les forces de sécurité est depuis renforcée : « Dans les zones urbaines et à risque, nous avions mis en place une procédure avec la police pour intervenir ensemble sur des situations de rixe, de blessures par arme à feu ou arme blanche », explique le lieutenant-colonel Christophe Fournerot, chef du groupement de gestion opérationnelle du SDIS 25. Un référentiel commun arrête les procédures opérationnelles conjointes au SDIS 25, à la DDSP et au groupement de gendarmerie départementale du Doubs. Onze fiches sont ainsi rédigées pour améliorer la coordination, pour la gestion des périmètres de sécurité, celle des réseaux radios, ou encore la préservation des traces et indices sur une intervention. « Tous les jours, les salles opérationnelles des sapeurs-pompiers, de la police et de la gendarmerie s’interrogent sur le niveau de risque. Nous essayons de définir la menace et en fonction, une procédure opérationnelle commune est adaptée », indique le colonel René Cellier, directeur départemental du SDIS du Doubs.
Si nombre de procédures sont déjà mises en place, les événements de l’année 2015 contraignent les sapeurs-pompiers à les renforcer et à accroître leur préparation face aux actes terroristes.
Ainsi, un groupe de réflexion sur les attentats élabore un plan d’action départemental, visant à organiser la montée en puissance des secours et la répartition des missions entre les intervenants. Le premier objectif de ce plan est a protection des personnels, des infrastructures et du matériel : « Nous rappelons la vigilance aux abords des centres de secours. L’outil de travail doit impérativement être préservé, que ce soit les engins, la sécurité informatique, les groupes électrogènes... », précise le colonel Cellier. Le second axe du plan d’action vise à adapter les techniques opérationnelles en fonction de la gravité des événements. Différents scénarios sont conçus, allant de l’attaque chimique à l’attaque informatique, afin de préciser la mise en œuvre du plan ORSEC NOVI (Organisation des secours, Nombreuses victimes) ou la mobilisation des modules de décontamination NRBC (Nucléaire Radiologique Biologique Chimique) , et de maintenir les personnels en condition opérationnelle.
Enfin, le troisième objectif consiste à informer et former la chaîne de commandement sur la menace. « Nous faisons intervenir des experts extérieurs de l’armée par exemple pour parler de ces risques. Il est nécessaire dans la situation actuelle de faire prendre conscience à la chaîne de commandement et aux cadres de l’état de la menace. Tous les maillons de la chaîne sont acteurs de la sécurité », ajoute Christophe Fournerot. L’appui aux autres SDIS est également mis en exergue, « nous devons être prêts à collaborer et intervenir partout où l’on sera appelé en renfort, Lyon, Strasbourg, Paris... », termine le colonel Cellier.
Floriane Boillot