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Bientôt 40 Printemps pour l’aîné des festivals de musique

Festival de musique © MI/SG/Dicom - Jean-Philippe Robin
15 janvier 2016

Le Printemps de Bourges, premier festival musical créé en France, soufflera en 2016 ses quarante bougies. Lors de la dernière édition en avril dernier, 230 000 festivaliers ont assisté aux cinq jours de concert sans qu’aucun incident majeur ne soit survenu.
Le fruit d’un travail de longue haleine des acteurs de sécurité, de secours et de prévention, totalement impliqués dans le bon déroulement de cet évènement essentiel pour le Cher.


« On est le seul festival de France à entretenir une relation aussi forte avec sa préfecture et tous les services de secours et de sécurité. On a mis 39 ans à en arriver là, c’est un travail de longue haleine mais le bilan de l’édition 2015 prouve que nous avons vu juste depuis le début. » Personnage atypique, haut en couleur, Daniel Colling est le créateur du Printemps de Bourges, la mémoire du festival : « En 1977, nous étions le premier festival musical créé en France, nous partions de zéro. Les consignes préfectorales de l’époque étaient : « respectez la Loi » et ça s’arrêtait là ! A partir de 1983, les pouvoirs publics ont commencé à réellement s’intéresser à ce phénomène. La relation entre le Printemps de Bourges et les services de l’État prenait alors son essor... ». 

40 ans après, les festivals font florès dans le paysage musical hexagonal, on en dénombre pas moins de 120 chaque année ! Mais de l’avis même des fonctionnaires de l’État dans le Cher, la relation avec Daniel Colling et les équipes du Printemps demeure unique en son genre : « Une collaboration étroite existe depuis de nombreuses années entre les organisateurs du festival et tous les acteurs qui concourent à sa mise en œuvre, appuie Dominique Pescher, directeur du SDIS du Cher. Le travail de préparation débute bien en amont pour se mettre en ordre de bataille avec tous les acteurs de prévention. L’ampleur du festival nous confronte à plusieurs problématiques, mais cette année, une fois de plus, aucun incident majeur n’est à déplorer ». 

Côté forces de l’ordre, le constat est identique : « Pour ce temps fort dans le département, l’entente et la collaboration entre tous les acteurs permettent d’éviter les débordements, explique Brigitte Siefert, directrice départementale de la sécurité publique du Cher. Chacun évolue dans son secteur de compétences et gère sa partie ». Les gendarmes, principalement sollicités pour des contrôles routiers, partagent cette satisfaction générale : « Notre mission est d’éviter les accidents, de limiter les drames. Nous occupons le terrain avec nos collègues motocyclistes CRS pour « bleuir » le paysage et organiser des points de contrôles ». Résultat, aucun accident de la route n’a été enregistré cette année. 

Ce bilan positif est également à mettre au crédit des acteurs de la prévention, comme l’explique Eric Bergeault de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection de la population (DDCSPP) : « Depuis 1995, nous construisons en commun un dispositif État-prévention- réduction des risques qui se traduit par des espaces fixes de prévention et par des équipes qui maraudent pour aller au contact du public. On y aborde alors des thématiques telles que la consommation d’alcool, de stupéfiants, de mal-être, de recherche d’hébergements... Se pencher sur les pratiques festives des jeunes est essentiel pour organiser une prévention efficace et adaptée ». 

Sécurité routière, avec distributions d’éthylotests gratuits, stands et messages de sensibilisation, prévention en alcoologie et addictologie, en circulant notamment parmi les jeunes pour les sensibiliser aux risques liés à leur consommation, leur rappeler la responsabilité de s’aider entre amis, prévention itinérante pour désamorcer d’éventuels conflits, prévention des risques auditifs, avec distribution de bouchons d’oreille et sensibilisation à l’écoute des musiques amplifiées... 

Tous les acteurs de l’État et associatifs se mobilisent pour la sécurité des festivaliers. Un parfait amalgame de savoir-faire et d’expériences cumulés en plusieurs décennies que souligne la préfète du Cher : « Nous avons un recul suffisant pour la mise en place de dispositifs permettant aux festivaliers de faire la fête en toutes sécurité et tranquillité. Le Printemps de Bourges est devenu une marque en France qui offre une très grosse visibilité à la ville de Bourges et au département. Une belle réussite ! »

Richard Wawrzyniak