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Les richesses méconnues du Cher

Cathédrale Saint-Etienne de Bourges © MI/SG/Dicom/A.Lejeune
15 janvier 2016

De grande valeur, le patrimoine du Cher est cependant méconnu. Ce manque de notoriété nuit à son attractivité. Si le tourisme local ne relève pas de sa responsabilité, l’action de l’État pour valoriser le patrimoine du département constitue un véritable atout pour son développement.


Monuments emblématiques de Bourges, la cathédrale ou le palais Jacques-Cœur jouissent d’une grande réputation, mais la majorité des autres sites, à l’image des nombreux petits châteaux disséminés dans le département, reste encore peu connue du public. 

« Certains sont pourtant de véritables bijoux, souligne la préfète du département Marie-Christine Dokhélar, mais ils pâtissent de la proximité des châteaux de la Loire de renommée mondiale. Les collectivités locales ont pris un certain nombre d’initiatives pour rendre ce territoire plus attractif, mais cela reste encore bien insuffisant. »

L’État peut aider les collectivités locales, via le contrat de plan État-Région et les financements de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Et d’importants moyens ont été récemment engagés pour la conservation et la mise en valeur de ce patrimoine.  

Deux chantiers importants ont ainsi mobilisé la DRAC, « concernant des monuments historiques de l’État, précise Pascal Chauveau, ingénieur du patrimoine à la DRAC, pour lesquels nous assurons la maîtrise d’ouvrage ». 

Une opération d’envergure a ainsi été réalisée entre 2009 et 2014 sur la cathédrale Saint-Etienne de Bourges, édifice construit entre la fin du XI e siècle et la fin du XII e et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Il nous a fallu restaurer la toiture du grand comble de l’édifice qui datait de 1884. Cette opération de 4,5 millions d’euros a été conduite entre 2009 et 2014.» Prochaine échéance : la restauration de la toiture de la nef et des bas-côtés. « L’opération devrait débuter en 2016 et s’étaler sur une dizaine d’années. En attendant, nous travaillons à la mise en conformité électrique du bâtiment dont le coût s’élève à un million d’euros. » Également propriété de l’État, le théâtre gallo-romain de Drevant, édifié entre le Ier et le IIe siècle et situé près de Saint-Amand Montrond, fait lui aussi l’objet d’une opération financée par la DRAC. « Il s’agit d’un projet global de mise en valeur. Nous souhaitons rouvrir le site au grand public et installer un petit centre d’interprétation.  Cela nécessite de consolider les ruines et de programmer les fouilles archéologiques. L’une des difficultés du projet tient à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Nous ne pourrons pas permettre aux personnes en fauteuil roulant d’accéder à l’ensemble du site, c’est impossible sur ce type de monument, mais nous travaillons pour qu’il y ait un maximum d’accès ».

Les études sont aujourd’hui validées et les travaux seront lancés en 2016. La DRAC intervient également au titre du contrôle scientifique et technique sur les monuments appartenant à d’autres propriétaires, collectivités locales et privés. « Nous étudions les dossiers, suivons les chantiers et apportons des subventions. Pour l’église de Saint-Amand-Montrond par exemple, la mairie a restauré le chœur pour 761 000 euros. Nous avons apporté 40% du montant. »  

Enfin, la DRAC vient régulièrement en aide aux propriétaires privés. « Celui du château de Pesselières, une ancienne place forte protégeant le comté de Sancerre, a par exemple bénéficié d’une aide correspondant à 10% du montant des travaux pour refaire la couverture de l’édifice. » 

Théâtre gallo-romain de Drevant © MI/SG/Dicom/A.Lejeune

 
 

Renaissance du B3 

1995 : l’usine de la société américaine Case fermait définitivement ses portes à Vierzon, mettant fin à 150 ans de production de machines agricoles. De cette histoire au dénouement douloureux, ne subsistaient plus que les bâtiments industriels construits à la fin du XIX e , et notamment le site B3, véritable paquebot échoué au cœur de la ville. Acquis par la ville, ce bâtiment à structure Eiffel a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1999, puis pris en charge par la communauté de communes.  

En 2003, un premier programme de réhabilitation a été lancé. Achevé en 2005, il a permis la rénovation de la totalité de la façade nord du bâtiment, l’aménagement d’une esplanade, d’un centre de congrès et d’un complexe cinématographique. En septembre dernier, un bowling a ouvert ses portes dans la partie ouest bâtiment. « Plus qu’un bowling, l’établissement fait également bar, restauration et piste de danse, explique Eric Boucourt, sous-préfet de Vierzon. C’est un équipement important pour la ville qui ne dispose pas de nombreux lieux culturels. Et le démarrage est à la hauteur de nos espérances. L’endroit est devenu un véritable lieu de rendez-vous pour la jeunesse. » Un succès qui récompense les efforts financiers réalisés par tous les partenaires : l’investisseur privé a en effet injecté 1,9 millions d’euros, la collectivité 3 millions, et l’État 550 000.  

« Il nous faut à présent rénover le reste du bâtiment, soit les trois quarts du site, et trouver des investisseurs privés intéressés par le projet. C’est un pari difficile car le coût de cette rénovation est très important. Rien que pour le clos-couvert, à la charge du public, la facture est estimée à 10 millions d’euros. » « Nous sommes clairement dans une situation de blocage, confirme Pascal Chauveau, ingénieur du patrimoine à la DRAC. Nous essayons actuellement d’étudier les pistes qui nous permettront de faire baisser la facture. » 

Frank Canton

La façade nord du bâtiment totalement rénovée en 2005 © MI/SG/Dicom/A.Lejeune

La façade nord du bâtiment totalement rénovée en 2005

Partie B3 restant à rénover © MI/SG/Dicom/A.Lejeune

Trois quarts du B3 restent à rénover

Bowling © MI/SG/Dicom/A.Lejeune

Le bowling a ouvert ses portes en septembre dernier