Des moutons au service de la montagne

Les estives dans le Couserans © MI/SG/Dicom/J.Beck
18 décembre 2015

Le pastoralisme fait partie de l’identité ariégeoise. Un plan de soutien à l’agriculture montagnarde prévoit de nombreuses aides.


Le pastoralisme occupe une place particulière au sein du massif des Pyrénées. Activité agricole, il représente également un patrimoine culturel avec des estives (1) qui comportent des composantes économiques, sociales, foncières et touristiques. Le soutien au pastoralisme représente un enjeu patrimonial majeur pour la préfecture de l’Ariège, puisque les pratiques pastorales contribuent en outre à la préservation des paysages, au maintien de la biodiversité et à la prévention des risques naturels.

« Aussi, la direction départementale des territoires (DDT) de l’Ariège accompagne les demandes d’aides pour la conduite des troupeaux, les études et l’animation pastorale, les travaux d’amélioration pastorale et la réhabilitation des cabanes, dans le cadre du plan de soutien à l’agriculture montagnard du programme régional de développement rural », indique Robert Martin, chef du service économie agricole à la DDT.

Un premier objectif vise à assurer le maintien de l’activité pastorale malgré la contrainte croissante de la prédation, dans un contexte de cohabitation particulièrement difficile entre les activités agro-pastorales et la présence de grands prédateurs tels que le loup et l’ours. L’abandon des activités d’élevage sous la pression de la prédation conduirait à une modification substantielle des paysages qu’elles ont aidé à façonner.

L’objectif de l’opération est donc d’aider l’exploitant à protéger son troupeau, grâce un ensemble d’investissements en fonction du risque d’attaque et de la taille des troupeaux à protéger.

D’autres actions, telles que le regroupement des propriétaires dans des associations foncières pastorales et des éleveurs transhumants dans des groupements pastoraux, sont également menées. Ces regroupements permettent de donner plus de souplesse pour la réalisation de travaux et de maintenir une approche collective de la gestion des estives. « Car si on ne fait rien, il est très difficile aux éleveurs locaux d’accéder à certains terrains et donc assurer leurs entretiens » explique Christophe Cambou, animateur foncier.

Enfin la dernière opération vise à améliorer les conditions de vie et de travail des bergers pendant les estives, en rénovant notamment des cabanes pastorales. Ainsi le site pastoral d’Espugues, situé sur la commune de Bethmale, a été rénové et agrandi afin d’améliorer les conditions de vie et de travail du pâtre et des éleveurs transhumants. Les matériaux locaux utilisés pour la réalisation du projet ont permis d’intégrer au mieux le site pastoral dans son environnement. La rénovation de ce site, placé sur une zone intermédiaire entre deux estives, bénéficie aujourd’hui à une vingtaine d’éleveurs. Pour Ronan Boillot, secrétaire général de la préfecture, le maintien de la pratique pastorale est seul capable d’entretenir les grands espaces montagnards.

L’économie pastorale en Ariège :

  • 5 500 propriétaires sur 28 000 ha
  • 850 éleveurs transhumants
  • 14 000 bovins, 60 000 ovins, 1 700 chevaux
  • 82 pâtres salariés saisonniers
  • 130 cabanes rénovées en 20 ans

Joël Beck

1 : L’estive est la période de l’année (juin à octobre) où les troupeaux paissent sur les pâturages de montagne. Par métonymie, c’est aussi le pâturage de montagne et la garde du troupeau en montagne.