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Les élus du Calaisis reçus par Bernard Cazeneuve

Réunion sur la situation à Calais © MI/SG/Dicom/J.Rocha
3 février 2016

Dix jours après les incidents qui ont suivi une manifestation pro-migrants, le ministre de l'Intérieur a reçu les élus du Calaisis pour faire le point sur la situation à Calais.


A la suite d'une réunion à laquelle ont participé Jean-Jacques URVOAS, Ministre de la Justice, Natacha BOUCHART, Maire de Calais, Xavier BERTRAND, Président du conseil régional Nord-pas-de-Calais-Picardie, et Yann CAPET, Député du Pas-de-Calais à Beauvau, Bernard Cazeneuve a détaillé le plan d'action pour le Calaisis.
Ce plan s'articule autour de trois axes : la mobilisation des forces de l'ordre, la réponse pénale aux infractions et l'action humanitaire.
Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé la volonté de continuité et de cohérence de l'action publique, dans laquelle s'inscrit la volonté de rester à l'écoute des collectivités et d'éviter les outrances qui ne mènent à rien.

Une mobilisation totale des forces de l'ordre

Faisant suite aux débordements qui ont eu lieu à l'occasion d'une manifestation pro-migrants le 23 janvier 2016, le ministre de l'Intérieur a indiqué que la mobilisation des forces de l'ordre était totale. 17 unités de forces mobiles sont présentes à Calais constamment, pour assurer la sécurité de tous et faire face aux actes violents commis à l'instigation des passeurs. Il a indiqué que cette présence permettait aussi de rendre la frontière avec la Grande Bretagne étanche, décourageant ainsi les passeurs. Les forces de l'ordre sont déterminées à faire disparaître les passeurs de la zone. La pression constante porte ses fruits. En 2015, 28 filières de passeurs, ce qui représente environ 700 personnes impliquées, ont été démantelées.

L'Interdiction des manifestations

Au regard de la situation, le ministre de l'Intérieur a demandé à la préfète du Pas de Calais d'interdire toutes les manifestations, quels que soient leurs organisateurs, qui sont susceptibles d'occasionner des troubles à l'ordre public.
Cette interdiction concerne "tous ces groupes qui appellent à la tension, à la division et à la violence" et elle durera "aussi longtemps que le climat actuel demeurera", a indiqué le ministre de l'Intérieur.

Une réponse pénale adaptée

Le nouveau ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a indiqué qu'il se rendrait prochainement à Calais. "Il est extrêmement important qu'il y ait une réponse très ferme sur ces questions", a-t-il assuré. La cohérence de l'action publique est indispensable pour faire face à la situation et le ministre de l'Intérieur a redit travailler de concert sur ces questions avec le ministre de la Justice pour que l'action des forces de l'ordre soit suivie d'une réponse pénale.

La lutte contre l'immigration irrégulière

Affirmant sa volonté de lutter contre l'immigration irrégulière à Calais, le ministre de l'Intérieur a indiqué que les contrôles d'identité allaient être renforcés à l'entrée et à la sortie de la Lande. Il s'agit de repérer ceux qui ne relèvent pas de l'asile en France et qui s'installent sur le camp dans l'espoir d'un passage en Grande-Bretagne. Bernard Cazeneuve a indiqué avoir donné des consignes très claires pour que, lors d'une infraction, "ceux qui ont été interpellés et ne relèvent pas de l'asile en France soient immédiatement éloignés".

Une situation humanitaire difficile

Bernard Cazeneuve a rappelé l'action forte et difficile du Gouvernement face à une situation humanitaire préoccupante. Il s'agit d'améliorer les conditions de vie des migrants en un lieu qui n'a pas vocation à durer, tout en construisant la réponse que mérite la situation. Car la véritable solution consiste à offrir des conditions d'accueil dignes aux migrants. C'est ce qui est fait depuis plusieurs mois, avec la mise en place d'hébergements dans toute la France pour les réfugiés rentrant dans le cadre de l'asile. Depuis le début, 2 375 personnes ont quitté Calais pour des centres d'hébergement. 85 % d'entre-elles sont restées et ont demandé l'asile.

En 2015, 1 500 personnes ont obtenu l'asile. Par ailleurs, 1 700 migrants en situation irrégulière, c'est à dire ne relevant pas du droit d'asile en France, ont été reconduits hors de France.

Il y avait 6 000 migrants sur la Lande en décembre 2015. Il y en a 3 800 aujourd'hui.