Mardi 10 mai 2011, dans le cadre de la présidence française du G8, Claude Guéant a tenu à Paris une réunion interministérielle élargie sur le trafic transatlantique de cocaïne.
Parce qu'elle concernait la lutte contre la cocaïne, combat qui n'était pas jusqu'ici l'objet d'une attention internationale forte et coordonnée, à l'inverse, par exemple, de la lutte contre les trafics d'héroïne, organisée par le pacte de Paris.
Parce qu'elle a concerné, en outre, une route relativement nouvelle du trafic de cocaïne allant de l'Amérique du Sud à l'Europe en passant par des pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord.
Parce qu'elle réunissait, pour la première fois, l'ensemble des acteurs concernés par ce trafic transatlantique. Elle a mobilisé en effet, en plus des Etats membres du G8, 14 pays invités issus de 3 continents différents, aussi bien producteurs que consommateurs ou de transit (Algérie, Afrique du Sud, Bolivie, Brésil, Colombie, Espagne, Ghana, Maroc, Mexique, Nigéria, Pays-Bas, Pérou, République dominicaine et Sénégal) ainsi que 7 organisations internationales ou régionales (Union européenne, ONUDC, CEDEAO, OEA, INTERPOL, EUROPOL et OMD) et 3 banques (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Banque interaméricaine de développement).
Parce qu'elle traitait d'un problème de plus en plus prégnant en Europe où le nombre de cocaïnomanes a doublé ces dix dernières années, passant de 2 millions en 1998 à 4 millions en 2008.
Parce qu'elle visait un trafic qui traverse des pays aux structures potentiellement vulnérables, notamment en Afrique. Le trafic de drogue a, en effet, des effets dévastateurs tant sur le plan de la gouvernance avec un risque accru de corruption que sur le plan de la santé publique avec l'apparition de toxicomanes au sein de ces pays.
Parce qu'elle permettait, enfin, de soutenir la lutte menée par les pays producteurs contre la culture de coca. En effet, alors que la consommation nord-américaine tend à diminuer et que les politiques répressives conduites par les autorités latino-américaines commencent à porter leurs fruits, l'extension du marché européen crée un appel d'air malvenu.
Parce que, de part et d'autre de l'Atlantique, les trafics de drogue placent les Etats face à un triple défi politique, sanitaire et économique. Parce que cette menace est, en outre, transnationale, il fallait définir une réponse internationale et coordonnée. C'est précisément l'objectif du G8 drogue, qui s'est tenu à Paris à l'initiative de la présidence française. Grâce au plan d'action ambitieux et concret adopté aujourd'hui, nous allons :
Le plan d'action s'attaque au problème des stupéfiants à tous les niveaux :
Tout en soulignant les réelles avancées obtenues à l'occasion de ce G8 élargi, Claude Guéant a rappelé que la portée et le succès final de cette entreprise dépendait désormais de la capacité des différents acteurs à mettre en œuvre le plan adopté.
A ce titre, le ministre s'est félicité des perspectives ouvertes pour les mois à venir avec la tenue, dès la semaine prochaine à Lisbonne d'un symposium américano-européen sur le démantèlement des réseaux transnationaux et avec l'intention exprimée par les Etats-Unis
qui vont prendre le relais de la France dans la présidence du G8, (...) de poursuivre dans ce combat contre les trafics transatlantiques de cocaïne.