Usage ou trafic de stupéfiants : plus souvent commis dans les quartiers de reconquête républicaine que dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville

15 janvier 2026
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En 2024, la police et la gendarmerie nationales enregistrent des mis en cause pour une infraction à la législation sur les stupéfiants plus fréquemment dans les 1 476 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) que dans les territoires immédiatement voisins (France hors Mayotte). En moyenne, le taux de mis en cause pour usage de stupéfiants commis dans les QPV (10,1 pour mille habitants) y est deux fois plus élevé que chez leurs voisins (5 ‰). Le nombre de mis en cause rapporté à la population pour trafic de stupéfiants commis dans les QPV (3,2 ‰) est quant à lui quatre fois plus important que celui des territoires voisins (0,8 ‰).

Ces taux et comparaisons restent toutefois inférieurs à ceux observés dans les 60 quartiers de reconquête républicaine (QRR) : 15,1 ‰ pour usage et 3,9 ‰ pour trafic commis dans les QRR contre respectivement 5,9 ‰ et 1,4 ‰ chez leurs voisins immédiats.

Depuis 2016, le nombre de mis en cause pour 1 000 habitants pour usage de stupéfiants est en hausse sur l’ensemble du territoire national, mais il augmente plus fortement dans ces deux types de quartiers : en moyenne + 11,4 % par an pour les infractions commises dans les QRR, + 8,8 % dans les QPV, + 6,5 % dans les unités urbaines de plus de 10 000 habitants, et + 6 % en France hors Mayotte. Pour le trafic de stupéfiants, malgré un recul observé pendant la crise du Covid-19, les écarts de hausses enregistrées sont encore plus importants.

À noter

Un fichier complémentaire à cette étude contient les données sur les mis en cause pour des infractions à la législation sur les stupéfiants commis en QPV ou QRR et dans leurs voisinages immédiats entre 2016 et 2024. Pour 13 autres catégories de crimes et délits, ce fichier comprend également le nombre d’infractions commises dans ces deux types de quartiers, ainsi que les victimes et les mis en cause résidant dans ces quartiers, associés à ces mêmes atteintes. Par rapport aux publications précédentes, cet état des lieux s’enrichit de nouveaux indicateurs en cohérence avec les publications de référence du SSMSI : intégration des tentatives d’homicide et des escroqueries et fraudes aux moyens de paiement, distinction des vols dans les véhicules et des vols d’accessoires sur véhicules, substitution des violences physiques aux coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus.

Auteurs : Mathias Robert, Bastien Chenu

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