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Interstats Conjoncture N° 53 - Février 2020

6 février 2020

Analyse conjoncturelle des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à la fin du mois de janvier 2020

Au cours des trois derniers mois, tous les indicateurs conjoncturels des crimes et délits ont augmenté par rapport aux trois mois précédents, à l’exception des homicides qui ont diminué. Les violences sexuelles enregistrées sont en nette hausse (+8 %) ainsi que les coups et blessures volontaires (y compris les violences intrafamiliales) et les vols de véhicules (+5 % chacun). Les vols dans les véhicules (+4 %), les vols d’accessoires sur véhicules (+4 %), les vols sans violence contre des personnes (+3 %) ainsi que les escroqueries (+2 %) augmentent plus modérément. Les vols avec armes, les vols violents sans arme, les cambriolages de logements ainsi que les destructions et dégradations volontaires enregistrent une très légère hausse (+1 %).

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Les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie ne recensent pas la totalité des infractions commises, notamment parce que toutes les victimes ne se font pas connaître. Les indicateurs contenus dans cette publication donnent une information sur l’évolution de la partie enregistrée de la délinquance subie.

78 faits d’homicides (y compris coups et blessures suivis de mort) ont été enregistrés en janvier 2020 après 81 en décembre et 89 en novembre. Le total des trois derniers mois (248 victimes) est moins élevé que celui des trois mois précédents (265 victimes).

fig1_homicides

Les coups et blessures volontaires sur les personnes de 15 ans ou plus (y compris les violences intrafamiliales) enregistrés par les forces de sécurité augmentent très légèrement en janvier 2020 tout comme en décembre 2019. Le cumul sur les trois derniers mois augmente nettement (+5 %). Parmi ces coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus, la part des violences intrafamiliales enregistrées s’est accrue depuis juillet : cette hausse peut s’expliquer notamment par un effet positif du Grenelle des violences conjugales (septembre à novembre 2019), lequel a pu inciter les victimes à davantage déposer plainte et favoriser un meilleur accueil par les services de sécurité.

Après avoir atteint un premier point haut en juillet 2018, le nombre de coups et blessures volontaires a enregistré des fluctuations avec une légère tendance à la baisse, puis il a rebondi en mars 2019 et s'inscrit depuis sur une tendance très marquée à la hausse. Le total des trois derniers mois se situe très nettement au-dessus de la moyenne de 2018 (+20 %).

fig2_CBV

Les violences sexuelles enregistrées augmentent en janvier 2020, après une stabilité au mois précédent. Le total des trois derniers mois est nettement supérieur à celui des trois mois précédents (+8 %).

Dans un contexte de libération de la parole et d'amélioration de l'accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, le nombre de violences sexuelles enregistrées est inscrit sur une tendance marquée à la hausse depuis la fin 2017, avec des fluctuations. Le cumul sur les trois derniers mois se situe très nettement au-dessus (+23 %) de la moyenne de 2018 et de celle de 2017 (+46 %).

fig3_violences_sexuelles

Les vols avec armes, enregistrés par la police et la gendarmerie, sont en hausse en janvier 2020 après une baisse au mois précédent. Le total des trois derniers mois est en très légère hausse par rapport à celui des trois mois précédents (+1 %).

Après une baisse observée entre mai 2017 et mai 2018, suivie d'un rebond en juin 2018, les vols avec armes enregistrent de faibles fluctuations. On note une légère tendance à la hausse depuis mai 2019.

fig4_vols_avec_armes

Les vols violents sans arme sont en nette hausse en janvier 2020, après un repli en décembre 2019. Le cumul sur les trois derniers mois est en très légère hausse par rapport aux trois mois précédents (+1 %).

Le nombre de vols violents sans arme s’était nettement replié entre février et mai 2019, puis a connu un rebond en juin. Il fluctue depuis autour d’une tendance globalement stable. Le niveau des trois derniers mois est légèrement inférieur (-1 %) à la moyenne de 2018.

fig5_vols_violents_sans_armes

Le nombre de vols sans violence contre des personnes enregistrés a fortement augmenté en janvier 2020 après une légère baisse au mois précédent et atteint un point haut. Le total des trois derniers mois est en hausse par rapport aux trois mois précédents (+3 %).

Les vols sans violence contre des personnes avaient augmenté entre novembre 2018 et février 2019. Cette hausse a été plus que compensée par les nettes baisses des mois d’avril et mai 2019. Avec un rebond en juin, suivi d’une tendance à la hausse, le niveau des trois derniers mois est nettement supérieur à la moyenne de 2018 (+7 %).

fig6_vols_sans_violence

Les cambriolages de logements augmentent en janvier 2020, après une très légère baisse en décembre 2019. Le nombre de cambriolages des trois derniers mois augmente très légèrement par rapport aux trois mois précédents (+1 %).

Après une hausse en décembre 2018, les cambriolages de logements s’étaient stabilisés sur les quatre premiers mois de 2019, avant d’enregistrer une faible baisse jusqu’en août. Ils se stabilisent globalement depuis septembre avec quelques fluctuations. Le cumul sur les trois derniers mois est très légèrement supérieur à la moyenne de 2018 (+1 %).

fig7_cambriolages

 

Les vols de véhicules (automobiles ou deux roues motorisés) enregistrés par les forces de sécurité, sont en hausse en janvier 2020, après une très légère hausse au mois précédent. Le total des trois derniers mois augmente nettement par rapport aux trois mois précédents (+5 %).

Après s'être stabilisé depuis mai 2019 à un niveau plus bas que les années précédentes, les vols de véhicules enregistrés repartent à la hausse depuis le dernier trimestre 2019. Le niveau des trois derniers mois est légèrement supérieur à la moyenne de 2018 (+2 %).

fig8_vols_véhicules

Les vols dans les véhicules sont en légère hausse en janvier 2020 tout comme en décembre 2019. Le cumul sur les trois derniers mois est en hausse (+4 %) par rapport aux trois mois précédents.

Les vols dans les véhicules avaient fluctué durant l'année 2018 autour d'un niveau légèrement inférieur à celui de 2017. Puis la forte hausse de décembre 2018 a été plus que compensée par les baisses enregistrées entre avril et juin 2019. Après un rebond en juillet, les vols de véhicules s’inscrivent sur une tendance marquée à la hausse, et le cumul sur les trois derniers mois est nettement supérieur à la moyenne de 2018 (+6 %).

fig9_vols_dans_véhicules

Les vols d’accessoires sur véhicules augmentent en janvier 2020 tout comme en décembre 2019. Le total des trois derniers mois est en hausse par rapport à celui des trois mois précédents (+4 %).

Après une stabilisation en 2018 à un niveau plus bas que les années précédentes, le nombre de vols d’accessoires sur véhicules était sur une tendance à la baisse en 2019. Depuis la fin de l’année 2019,  il repart à la hausse. Il se situe toutefois sur les trois derniers mois au-dessous (-3 %) de la moyenne de 2018.

fig10_vols_accessoires_sur_véhicules

Les destructions et dégradations volontaires (y compris contraventions) diminuent très légèrement en janvier 2020, après une hausse en décembre 2019. Le total des trois derniers mois est très légèrement supérieur à celui des trois mois précédents (+1 %).

Après une très forte hausse en décembre 2018, dans le contexte des mouvements sociaux, les dégradations ont reflué jusqu'en mai 2019. Elles enregistrent ensuite des fluctuations autour d’une tendance quasiment stable avant de repartir à la hausse en fin d’année 2019. Le nombre de dégradations enregistrées au cours des trois derniers mois est très légèrement inférieur (-1 %) à la moyenne de 2018.

fig11_destructions

Les escroqueries enregistrées augmentent très légèrement en janvier 2020 après une stabilité en décembre 2019. Le total des trois derniers mois est légèrement supérieur à celui des trois mois précédents (+2 %).

Orientées à la hausse depuis la mi-2018, avec d'amples fluctuations, les escroqueries se stabilisent après la forte augmentation de janvier 2019. Le nombre d'escroqueries des trois derniers mois se situe nettement au-dessus de la moyenne de 2018 (+14 %).

fig12_escroqueries

 

Méthodes de traitement des données

Les séries conjoncturelles présentées dans cette publication portent sur les crimes et délits (1) enregistrés par la police et la gendarmerie. Ceux-ci sont comptabilisés au mois d’enregistrement, avec quelques cas particuliers (pour plus de détails voir les Interstats Méthode n°2 et 3 ). Les requalifications des infractions, y compris suppressions, sont prises en compte jusqu’à la date à laquelle sont arrêtées les comptabilisations, c’est-à-dire, pour chaque mois, au début de mois suivant.
Deux éléments sont à prendre en compte dans l’interprétation du niveau et des évolutions de ces séries :
- le délai d’enregistrement, qui peut créer un décalage temporel entre le moment où les faits de délinquance se sont déroulés et le moment où ils sont comptabilisés dans ces séries;
- le taux de plainte, qui a un impact à la fois sur le niveau et, s’il n’est pas stable, sur l’évolution de la délinquance enregistrée. L’enquête Cadre de vie et sécurité (Insee-ONDRP-SSMSI) réalisée auprès de la population permet d’évaluer les taux de plainte. Ainsi par exemple selon cette enquête en moyenne sur la période 2011-2017 seule une victime sur huit de violences sexuelles hors ménage porte plainte, contre trois sur quatre pour les victimes de cambriolages.
Pour les résultats complets de l’enquête CVS voir : https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Rapport-d-enquete-cadre-de-vie-et-securite-2018

Par rapport aux séries statistiques issues des enregistrements par la police et la gendarmerie, les données brutes de certaines séries ont fait l’objet de corrections portant sur la période de 2012 à 2015. L’ensemble de ces traitements est présenté en détail sur le site web Interstats dans le document Interstats Méthode N° 9 .

Le comptage des homicides fait l'objet de retraitements à partir de l'année de référence 2015 (cf encadré de la fiche "Homicides"Insécurité et délinquance en 2018 : premier bilan statistique , janvier 2019, et Interstats Méthode N° 9 .

Des éléments descriptifs de la série des violences sexuelles ont été fournis dans la partie méthodologique de l'Interstats Conjoncture du mois d'avril 2019 ( N°43 ), ainsi que dans l' Interstats Méthode N°12 paru en juillet 2019. Des éléments descriptifs de la série des escroqueries et de celle des destructions et dégradations volontaires ont été fournis dans les parties méthodologiques respectivement des Interstats Conjoncture du mois de mai 2019 ( N°44 ) et du mois de juin 2019 ( N°45 ), et dans les Interstats Méthode13 et 14 parus en septembre 2019.

La méthode de correction des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO), mise en place lors de la première publication de ces séries en octobre 2015 et présentée sur le site web Interstats dans les documents Interstats Méthode N° 5 et 7 , est modifiée depuis la note de juillet 2019, en prenant en compte les données connues jusqu’au mois de mai 2019, conformément à la pratique internationale recommandée d’une mise à jour annuelle des modèles. Les changements portent seulement sur quatre sous-séries de délits enregistrés par la gendarmerie : les vols violents sans arme, les vols sans violence contre des personnes, les cambriolages de logements et les vols de véhicules. L'incidence sur les séries concernées est marginale.

La périodicité mensuelle des indicateurs de la délinquance présente notamment l’intérêt de refléter l’incidence de certains évènements ponctuels, tels qu’un grand rassemblement populaire. Néanmoins, les séries mensuelles sont en partie soumises à des fluctuations qui peuvent s'inverser d'une période à l'autre, sans réelle signification. De plus, lorsque les séries sont très heurtées, le modèle de traitement statistique de désaisonnalisation peut présenter des problèmes de robustesse, avec des risques de révisions des données d’un mois sur l’autre. Aussi est-il recommandé d’attendre au moins deux observations mensuelles avant de juger d’un retournement d’évolution.

(1) La série des dégradations inclut également les contraventions.

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