Vœux à la Gendarmerie nationale

Vœux à la Gendarmerie nationale
10 janvier 2017

Discours de M. Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, prononcé à l'occasion des vœux à la Gendarmerie nationale - Cour des Invalides, le 9 janvier 2017.


Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mon Général, Directeur général de la Gendarmerie nationale,
Mon Général, Gouverneur militaire de Paris,
Mon Général, commandant la région de Gendarmerie Ile-de-France et la Gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Ile-de-France,
Mesdames et Messieurs les autorités judiciaires, civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les officiers, sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires d’active et de réserve, et les personnels civils de la Gendarmerie nationale,
Mesdames et Messieurs,

C’est là, pour moi, un plaisir et un grand honneur que d'être avec vous en ce jour particulier des vœux, où par ailleurs, hasard du calendrier, la Gendarmerie nationale commémore sa patronne, Sainte-Geneviève. Ce jour de fête rassemble en effet votre institution, dont chacun sait combien elle joue un rôle central dans la vie de la Nation ; il la rassemble dans toute ses composantes, partout où elle est représentée, c’est-à-dire, en réalité, presque partout à travers le monde.

La Sainte-Geneviève est bien plus qu’une célébration de la Gendarmerie : c’est un moment où la Nation manifeste son unité et où la République réaffirme ses valeurs fondamentales, où les Français rendent hommage à leur Gendarmerie, expriment leur attachement et leur reconnaissance aux femmes et aux hommes qui la composent et la font vivre quotidiennement.

C’est là un rendez-vous d’autant plus important que l’année 2016 a été marquée par un engagement des forces de l’ordre d’une très grande intensité, et ce sur l’ensemble du territoire national, un engagement sans relâche, du premier jusqu’au dernier jour de l’année écoulée, y compris pour permettre à nos compatriotes de profiter en toute sécurité de la période des fêtes, entre Noël et Jour de l’An.

Comme chaque Français, je connais et je reconnais l'engagement, le professionnalisme et le dévouement absolu des gendarmes de France.

A cet égard, je veux rappeler que le jour où nous nous retrouvons pour célébrer le début de la nouvelle année – ce 9 janvier 2017 – est lesté d’un lourd poids symbolique pour une autre raison encore : il y a exactement deux ans, jour pour jour, les terroristes auteurs des massacres de « Charlie Hebdo » et de l’ « Hyper-Casher », ainsi que de l’assassinat de Clarissa JEAN-PHILIPPE à Montrouge, étaient enfin neutralisés par les forces de l’ordre, après trois jours de traque sans relâche. La Gendarmerie nationale a pris une part décisive dans ce dénouement. Je pense ainsi à vos deux camarades qui, à Dammartin-en-Goële, ont fait face, avec un courage hors du commun, aux deux terroristes de « Charlie Hebdo », qu’ils ont contraints à se retrancher dans le bâtiment d’une imprimerie jusqu’à l’arrivée et à l’intervention des hommes du GIGN. Ces derniers, après avoir essuyé les tirs des terroristes, sont alors enfin parvenus à les neutraliser.

C’est là, à mes yeux, un parfait résumé de ce qu’est la Gendarmerie nationale, de son unité dans l’action et dans les valeurs qui l’animent, des brigades territoriales jusqu’au GIGN.

J’y insiste : comme la République, la Gendarmerie nationale est une et indivisible, et c’est là ce qui fait sa très grande force.

Aussi, je suis très heureux de pouvoir m'adresser à vous aujourd’hui afin de vous témoigner l'attachement de la République à ses gendarmes et la reconnaissance du Gouvernement pour l'action que vous menez au service de la protection des Français.

Je veux, avant toute chose, avoir une pensée particulière pour tous ceux de vos camarades qui ont perdu la vie ou ont été blessés en service au cours de l’année écoulée. Leur sacrifice nous oblige. C’est notre devoir que de perpétuer leur mémoire et de nous montrer dignes de leur engagement.

La Gendarmerie a payé cette année un très, un trop lourd tribut. 18 gendarmes ont perdu la vie, alors même qu’ils accomplissaient leurs missions. Je pense notamment à ce jour tragique du 23 décembre dernier, lors duquel quatre des vôtres ont été tués dans des circonstances dramatiques, sur des routes de l’Oise et de Guyane : les gendarmes Florian GUSTAVE, Yassaad BOUMSSIMRAT et Théo DELPIERRE, du Peloton de Surveillance et d’Intervention de Méru, et le gendarme Régis KESSLER de la brigade de Matoury en Guyane. J’ai moi-même assisté, le 29 décembre, aux obsèques de trois d’entre eux, à Beauvais, dans la peine et le chagrin.

Alors que nos concitoyens se préparaient à fêter Noël, vos camarades veillaient. Ils étaient là, fidèles au poste et à leur mission. Fidèles à leur serment de protéger les Français en toutes circonstances. Fidèles à l’esprit et aux lois de la République. Leur disparition tragique, comme celle de leurs camarades disparus avant eux, nous rappelle les exigences et les risques qui s’attachent à votre métier, la difficulté quotidienne de l’exercice de vos missions et le dévouement total que suppose votre vocation.

En raison des sacrifices auxquels vous consentez pour garantir notre sécurité collective, le Gouvernement vous doit soutien, reconnaissance et protection.

C’est là tout le sens du projet de loi sur la sécurité publique que je m’apprête à défendre au Parlement, devant la représentation nationale.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons élargir les conditions d’usage des armes aux gendarmes agissant en civil, lors de missions de police judiciaire ou de renseignement.

C’est la raison, aussi, pour laquelle nous voulons durcir les peines pour outrage commis contre des personnes dépositaires de l'autorité publique, les policiers et les gendarmes, afin qu’un tel délit soit puni avec la même sévérité que l'outrage à magistrat.

C’est la raison, enfin, pour laquelle nous allons renforcer la protection de l’identité des enquêteurs en leur donnant la possibilité, dans des procédures pénales, et non plus seulement dans des affaires de terrorisme, de s’identifier par un numéro administratif, dès lors que la révélation de leur identité entraîne un risque pour leur vie ou pour leur intégrité physique, ou bien pour la vie ou pour l’intégrité physique de leurs proches. Tout cela participe donc de la pleine reconnaissance de votre engagement, et du soutien que nous vous devons. Nous les devons à la sécurité des Français, nous les devons à la République.

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L’année 2016 aura été une année extrêmement lourde sur le plan opérationnel, pour les gendarmes comme pour les policiers. Cet engagement a été quotidien, sur tous les fronts, et parfois dans des circonstances très difficiles.
Je pense bien sûr à la lutte contre le terrorisme et à la mise en œuvre de l’état d’urgence.

Je pense à votre action décisive pour sécuriser nos frontières et rendre pleinement effectif le rétablissement des contrôles aux frontières, dans un contexte de menace terroriste extrêmement élevée.

Je pense à la gestion des conséquences de la crise migratoire, à la lutte contre l’immigration irrégulière et contre les filières de passeurs. Je pense à l’action de la Gendarmerie mobile à Calais, pour sécuriser l’entrée du Tunnel sous la Manche et appuyer vos collègues CRS pour garantir la sécurité à l’intérieur du campement de la Lande et à ses alentours. Vous avez là fait preuve, tout au long de cette mission, d’une très grande rigueur, d’une grande efficacité et d’une humanité qui a été soulignée à plusieurs reprises.

Vous avez également pris une part décisive, avec la Police nationale, au succès de l’Euro 2016 de football. Vous avez assumé une mobilisation sans précédent, sur l’ensemble du territoire métropolitain, pour sécuriser les enceintes sportives et les fan-zones, et pour garantir la protection des équipes nationales. Grâce à vous et aux policiers, ce grand rendez-vous international a été, malgré la menace terroriste, un immense succès populaire, qui a fait honneur à notre pays.

En dépit des sollicitations liées à la lutte contre le terrorisme, vous avez également maintenu votre engagement puissant contre les formes plus quotidiennes d'insécurité de délinquance, que ce soit dans la profondeur des territoires, dans le contrôle des axes et des flux ou dans le cadre des dispositifs saisonniers de protection des populations ou de sécurisation des fêtes de fin d’année. Je mesure les difficultés qui s’attachent à ces missions, les risques qu’implique toute intervention, même la plus anodine en apparence, derrière chaque appel de détresse ou chaque signalement. Comme je l’ai dit, ces derniers mois nous ont durement rappelé que, de l’Ariège à l’Oise, de la Nouvelle-Calédonie à la Guyane, chaque mission comporte une part de danger que vous assumez avec courage et détermination.

Enfin, je pense à votre grande mobilisation, sur les routes de France, pour lutter contre la violence et la délinquance routières et garantir ainsi la sécurité de nos concitoyens dans leurs déplacements.

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La Gendarmerie porte un modèle riche de plusieurs siècles d’expérience, un modèle de proximité qui tient compte de la diversité de nos territoires, je pense notamment aux zones rurales et périurbaines. Un modèle de modernité aussi, qui sait s’adapter aux nouvelles contraintes, aux nouvelles menaces, aux nouvelles missions. Sa mobilisation totale et immédiate contre le terrorisme, dans tous les champs opérationnels, du renseignement à l’intervention, l’a démontré avec force.

C’est enfin un modèle d’avenir, à l’heure où notre pays se transforme, où sa physionomie change, où les villes de moins de 25 000 habitants – qui, pour la plupart d’entre elles, se trouvent en zone Gendarmerie – connaissent, si l’on en croit les statistiques, une croissance particulièrement dynamique. Un tel phénomène constitue, pour vous, à la fois un défi et un encouragement à poursuivre votre modernisation, toujours dans le sens de l’excellence.

En tant qu'ancien président de groupe à l'Assemblée nationale, je peux vous dire que de nombreux députés et élus locaux m'ont confié l'attachement qui était le leur pour la Gendarmerie et pour les gendarmes, la qualité du service rendu au quotidien, le dialogue permanent qui s'était instauré entre eux et les commandants des unités implantées sur leurs territoires.

Cette confiance et ce dialogue sont au cœur de notre pacte républicain, au cœur de l'efficacité des services publics de la sécurité. Ils constituent l'objectif que chacun d’entre nous poursuit, chacun à sa place, chacun dans son rôle, car tous, nous sommes au service de la République et de ses valeurs, au service de l’État, au service de la France et des Français.

Aussi, je veux aujourd’hui saluer l’engagement de tous les personnels de la Gendarmerie nationale : que vous soyez militaires ou civils, d’active ou de réserve, que vous serviez en métropole, outre-mer ou en opérations extérieures, vous faites, toutes et tous, preuve d’un investissement admirable au service de notre pays et de nos concitoyens.

Le Gouvernement le sait, il vous sait gré de votre action et vous témoigne concrètement sa considération.

A cet égard, ma responsabilité de ministre de l’Intérieur consiste précisément à vous donner les moyens d’accomplir vos missions avec efficacité. C’est ce qu’on fait mes prédécesseurs Manuel VALLS, puis Bernard CAZENEUVE, lorsqu’ils occupaient les fonctions qui sont aujourd’hui les miennes. C’est ce que nous faisons, au Gouvernement, depuis maintenant plus de quatre ans.

Vous connaissez les grands axes de notre politique de sécurité, vous en savez les principales réalisations, aussi je serai bref. Beaucoup a déjà été fait, et nous continuons, encore aujourd’hui, d’agir pour renforcer les moyens qui sont les vôtres.

Conformément aux engagements du Président de la République, nous avons tout d’abord mis un terme à l’hémorragie dans les effectifs de Police et de Gendarmerie – je vous rappelle que plus de 13 000 postes avaient ainsi été supprimés dans les deux forces, entre 2007 et 2012. A rebours d’une telle politique de coupes drastiques, nous avons, nous, relancé la politique de création d’emplois au sein de la Gendarmerie comme de la Police, avant d’initier, en 2015, trois grands plans supplémentaires de recrutement. C’est là un effort considérable que nous réalisons. D’ici à la fin du quinquennat, ce sont donc au total 9 000 policiers et gendarmes qui viendront renforcer les services et les unités de sécurité intérieure.

Car, Mesdames et Messieurs, il ne suffit pas de convoquer l’autorité de l’État en permanence derrière les tribunes, encore faut-il ne pas priver l’État, par des politiques funestes, des moyens de son autorité.

Voilà pourquoi nous avons recréé 22 pelotons dans les escadrons de gendarmerie mobile existants, soit plus de 480 effectifs supplémentaires qui interviennent en appui des forces territoriales dans les zones les plus exposées. C’est là une décision que nous avons prise pour contribuer à renforcer notre réponse aux situations de crise, mais aussi pour permettre aux effectifs fortement sollicités depuis plusieurs mois d’être relayés dans l’accomplissement de leurs missions.

Nous avons également créé, il y a quelques mois à peine, un tout nouvel escadron de gendarmerie mobile, à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. C’était la première fois qu’un tel événement avait lieu depuis 1998, c’est-à-dire depuis près de 20 ans. Et ce alors même que 15 escadrons de gendarmerie mobile – soit 1 800 emplois – avaient été supprimés dans une période récente, sans que d’ailleurs jamais personne ne se soit préoccupé des conséquences d’une telle décision en termes d’efficacité opérationnelle, pour le maintien de l’ordre ou pour la sécurité des Français.

Par ailleurs, alors que quatre écoles de gendarmerie avaient été fermées au cours du quinquennat précédent, nous venons d’en recréer une, à Dijon, inaugurée par mon prédécesseur au mois de novembre dernier. Cette toute nouvelle École de sous-officiers de Dijon témoigne donc elle aussi du volontarisme dont fait preuve le Gouvernement pour redonner aux forces de l’ordre les moyens qui leur sont nécessaires.

Par conséquent, là où certains ont détruit, nous, nous reconstruisons.

Bien sûr, la reprise des recrutements et des incorporations, indispensable pour remettre les services à niveau, n’était pas suffisante pour faire face aux nombreux défis qui sont devant nous. C’est pourquoi le Gouvernement a donné aux services les moyens juridiques d’agir en faisant voter les lois de 2012, 2014 et 2015 sur le renforcement de la lutte antiterroriste et sur le renseignement. Par la suite, la loi du 3 juin 2016 est venue compléter ce dispositif, prévoyant notamment un nouveau régime juridique qui autorise désormais les gendarmes et les policiers à faire usage de leur arme en cas « d’absolue nécessité » s’ils sont confrontés à un « périple meurtrier ».

C’est aussi pour vous donner les moyens d’exercer vos missions avec efficacité que, dans le cadre des différents plans que nous avons lancés, nous avons considérablement rehaussé les crédits consacrés à la modernisation des moyens et des matériels. Je pense tout particulièrement au renouvellement du parc automobile.

C’est également la raison pour laquelle, dès octobre 2015, mon prédécesseur Bernard CAZENEUVE a mis en œuvre un plan inédit de renforcement des BAC dans les commissariats de police ET de 150 Pelotons de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de type « Sabre », sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, je vous rappelle que, le 11 avril dernier, le Gouvernement a signé, sous l’autorité du Président de la République, un accord historique avec les instances représentatives des personnels de la Police et de la Gendarmerie, dans le cadre duquel nous consacrons, jusqu’en 2020, 850 millions d’euros en tout à la valorisation de vos conditions de travail, de vos carrières et de vos compétences, tout en tenant mieux compte des sujétions qui s’attachent à votre métier. Grâce à ce protocole, des réponses fortes ont donc été apportées, à la hauteur de vos attentes légitimes, pour améliorer votre environnement de travail. De nombreuses mesures sont d’ores et déjà entrées en vigueur. Nous respectons ainsi parfaitement la lettre et le calendrier des engagements inscrits au protocole. La mise en œuvre de celui-ci comme celle de la feuille de route sociale constituent donc un engagement fort du Président de la République et du Gouvernement.

Dans la conduite de toutes ces réformes, je veillerai personnellement, comme mes prédécesseurs, à un traitement équilibré des deux forces de sécurité, Gendarmerie et Police.

Je souligne à ce titre l’importance de la concertation : le groupe de liaison du Conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie (CFMG), que j'ai reçu dès ma prise de fonctions, joue son rôle avec conscience, sérieux et responsabilité. Je salue le dévouement et la franchise de ses membres, ainsi que leur connaissance technique des dossiers et la solidité de leurs propositions. C'est là une grande force pour la Gendarmerie que de pouvoir mener un dialogue social apaisé et d'une telle qualité et hauteur de vue, c'est une force d'avoir un organe de représentation qui va au-delà des corps et des corporatismes mais qui représente bien toute la Gendarmerie.

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Je vous engage donc à poursuivre dans le chemin tracé.

C’est avec optimisme que je vous invite à ouvrir cette année 2017. Les chantiers à lancer ou à poursuivre sont nombreux.

Je pense tout d’abord à la poursuite de la modernisation de votre institution : je sais, mon Général, que c’est là un dossier qui vous tient à cœur et pour lequel vous ne manquez ni d’idées ni de volonté.

Cette modernisation passe avant tout par la démarche de simplification et de rationalisation de la Gendarmerie que votre prédécesseur avait initiée et qu’aujourd’hui vous continuez. Je veux saluer cette remarquable initiative qu’est la « Feuille de route » de la Gendarmerie. A ce jour, 369 mesures concrètes ont été mises en œuvre. Cette démarche constitue même un désormais de modèle pour d’autres institutions dès lors qu’il s’agit de mettre en œuvre des réformes internes. A cet égard, je  me réjouis, mon  Général, de pouvoir intervenir le 31 janvier prochain, à l’occasion de votre prochaine réunion commandement, où sera annoncée la prochaine phase de cette « Feuille de route ».

La modernisation, c’est aussi votre mission de transformation numérique, qui doit amener la gendarmerie a pleinement tirer profit des nouvelles technologies et à surtout garantir sa performance et son efficacité dans le monde numérique, pour y affirmer sa présence et lutter efficacement contre la cybercriminalité. Poursuivant sa tradition d’innovation, qui la place en tête de l’ensemble de la fonction publique pour l’emploi des nouvelles technologies, la gendarmerie développe son programme « Néogend » qui, plus qu’une modernisation, est un véritable saut capacitaire. Dès aujourd’hui, le gendarme équipé de « Néogend » peut bénéficier sur le terrain de services et de moyens qui exigeaient auparavant un retour à la brigade. Davantage sur le terrain, disposant de tous les moyens pour apporter un service de sécurité performant, le gendarme se rapproche du citoyen. Grâce aux moyens modernes, le gendarme se recentre sur l’essence de son métier et sur l’origine même de son efficacité : la proximité.

Cette même proximité est au cœur des prochaines grandes évolutions de la gendarmerie : l’expérimentation que vous lancez sur les brigades de contact, afin de lutter contre tout désert sécuritaire et de garantir la présence des gendarmes auprès de tous les français sur leurs zones de compétences, et l’adaptation de votre schéma territorial aux grandes réformes des régions et des communes nouvelles.

C’est là un dossier qui, je le sais, vous tient à cœur et pour lequel je suis très attentif à la préservation pérenne des équilibres, de la qualité du service rendu et de l’efficacité globale des forces de sécurité.

Je salue enfin les efforts que vous avez entrepris dans le domaine de la formation à la sécurité publique. J’adhère totalement à votre souhait de créer, sur le site de Dijon, un centre national de sécurité publique qui aura vocation à servir de référence dans la formation continue des gendarmes de brigade et, pourquoi pas, à d’autres acteurs de la sécurité, publics ou privés.

Les défis ne manquent donc pas et se rajoutent à un rythme d’emploi qui s’annonce aussi soutenu qu’en 2016.

Marquée à nouveau par la menace du terrorisme, l'année 2017 mettra sans nul doute à l'épreuve notre sang-froid, notre cohésion et la capacité de résilience de notre société.

Certains joueront d'ailleurs cyniquement avec les peurs, d'autres tenteront de s'attaquer aux fondements de notre République : la tolérance, la fraternité, le respect du droit. Je connais la loyauté de la Gendarmerie, je connais son absolu respect des principes de notre démocratie et des valeurs de la République. Dans ces périodes où ce qui nous unit est menacé, directement ou indirectement, il est primordial qu’une institution comme la gendarmerie poursuive son œuvre pour le bien commun et maintienne vivaces, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui, les valeurs de cohésion et de dévouement à la France qui sont les siennes.

Mon Général, je vous renouvelle mes remerciements pour les vœux que vous m'avez adressés au nom de l'ensemble du personnel de la Gendarmerie.

En retour, je souhaite adresser les miens à tous celles et ceux qui servent au sein de votre institution, officiers, sous-officiers, gendarmes adjoints volontaires, personnels civils et réservistes. A toutes et à tous, je vous souhaite une bonne année 2017. Qu'elle soit ainsi une année de sérénité, de confiance et de cohésion.

Ces vœux s’adressent aussi, bien évidemment, à vos familles et à vos proches. Je sais combien la vie des familles est liée à la vie de l'institution ; c'est donc avec une attention toute particulière que j'associe familles et vos proches à mes pensées.

Vive la Gendarmerie nationale !
Vive la République !
Et vive la France !