27.01.2015 - Lutte contre le djihadisme

27 janvier 2015

Déclaration de M. Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’Intérieur - Hôtel de Beauvau – 27 janvier 2015


- Seul le prononcé fait foi -

Ce matin, à Lunel et ses environs, dans le département de l’Hérault, un nouveau coup a été porté au terrorisme.

Des policiers de la Direction Générale de la Sécurité intérieure et de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, agissant sur commission rogatoire de magistrats du pôle anti-terroriste de Paris, ont procédé à 5 interpellations ainsi qu’à plusieurs perquisitions. Les individus arrêtés, âgés de 26 à 44 ans et actuellement en garde à vue, sont suspectés de participation active à une filière djihadiste, dont les membres ont recruté et endoctriné plusieurs jeunes français originaires de Lunel. Je rappelle en effet que depuis un an, plus de dix d’entre eux ont quitté Lunel pour la Syrie, où ils ont rejoint les rangs de l’organisation terroriste Daech. Parmi eux, plusieurs ont trouvé la mort en Syrie ou en Irak. Au total, ce sont 73 de nos ressortissants qui sont ainsi décédés. Si l’implication des personnes soupçonnées est confirmée par l’autorité judiciaire, ce sera donc une filière particulièrement dangereuse et organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus.

Près de trois semaines après les attentats de Charlie-Hebdo, de Montrouge et de la Porte de Vincennes, je tiens à dire une nouvelle fois la mobilisation entière et la détermination totale des pouvoirs publics à lutter sans trêve ni pause, à l’intérieur comme à l’extérieur, contre le terrorisme. Face au terrorisme, nous agissons sur tous les fronts. Nous sommes et demeurerons inflexibles pour mettre hors d’état de nuire tous ceux qui menacent nos libertés : ils seront pourchassés, arrêtés et remis à la justice. L’essentiel des dispositions introduites par la loi du 13 novembre 2014 est déjà en vigueur. J’ai donné à mes services des consignes pour qu’elles soient appliquées avec la plus grande fermeté. La mesure d’interdiction administrative du territoire est entrée en application depuis 15 jours. La répression du délit d’apologie du terrorisme a été renforcée. Les mesures annoncées par le Premier Ministre la semaine dernière vont encore renforcer considérablement les moyens déployés, notamment au profit de nos services de renseignement. Je veux le rappeler, aujourd’hui, 161 procédures judiciaires sont ouvertes concernant 547 individus impliqués dans des filières djihadistes. Parmi eux, 154 ont été interpellés, 90 ont été mis en examen, et 75 ont été écroués. Les services de la police et de la justice travaillent, dans la lutte contre le terrorisme, main dans la main.

Le combat contre le terrorisme passe aussi par l’union des démocraties.  Après-demain jeudi, je me rendrai à Riga, en Lettonie, pour faire adopter par tous les ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne les propositions que la France a formulées à un certain nombre de ses partenaires et qu’ils ont approuvées,  lors du sommet réuni ici-même Place Beauvau le 11 janvier dernier, juste avant la marche républicaine qui a rassemblé des millions de Français dans les rues de Paris et dans tout le pays. Parmi les mesures qui seront examinées à Riga figure notamment la nécessité d’avancer vers un PNR européen, système de partage des données des passagers aériens, afin de mieux repérer et détecter les mouvements des djihadistes à l’échelle de l’Union. Je me rendrai également le 4 février prochain devant la Commission Libé du Parlement Européen, pour convaincre ses membres de la nécessité de cette mesure, et afin aussi de discuter avec eux des modalités pour parvenir à un accord. Par ailleurs, pour lutter contre la propagande terroriste sur Internet et les réseaux sociaux, je me rendrai dans les semaines qui viennent aux États-Unis pour y rencontrer mes  homologues américains ainsi que les grands opérateurs du Net comme Google, Facebook, Twitter, Microsoft et les inciter vivement à rejoindre notre combat.

Les nouvelles menaces proférées ces dernières heures par Daech ne font que renforcer la détermination du Gouvernement à défendre âprement nos valeurs et nos libertés.