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Protéger les mineurs isolés

Protéger les mineurs isolés
8 août 2018

Le phénomène des mineurs isolés étrangers à Mayotte, lié à la proximité de l’île avec les autres îles de l’archipel des Comores, se retrouve dans peu d’autres départements français. L’État œuvre pour protéger et limiter les risques liés à une jeunesse délaissée et désœuvrée.


À Mayotte, ils sont environ 300 mineurs étrangers sans aucun référent adulte, et plus de 3 000 sous la responsabilité d’un adulte apparenté ou non, mais quasi systématiquement en situation irrégulière. L’expression « mineurs étrangers isolés » renvoie en réalité à des profils très divers. Il s’agit souvent de mineurs originaires des Comores, soit envoyés par leur famille à Mayotte pour étudier ou y rejoindre des parents et espérer avoir une vie meilleure, parfois dans des « kwassa » de mineurs, soit des enfants qui se retrouvent seuls sur le territoire suite à l’éloignement de leurs parents vers les Comores.

L’arrivée de « kwassa » chargés de mineurs régresse nettement depuis 2016, mais l’abandon d’enfants par leurs parents à des membres de la famille ou à des amis à Mayotte reste important. Il peut s’agir également de l’arrivée de mineurs isolés demandeurs d’asile, arrivés seuls de Madagascar ou du continent africain, notamment de la région des Grands Lacs.

Cette absence de représentant légal nuit à l’accès aux droits fondamentaux (papiers, soins, scolarité...) dont peuvent bénéficier ces enfants. On estime que 2 300 d’entre eux sont non scolarisés en 2017, ce qui rend plus difficile encore leur sociabilisation.

Un schéma départemental de l’enfance et des familles

La prise en charge des mineurs isolés étrangers relève de la compétence du département (aide sociale à l’enfance, protection médicale et infantile) pour les problématiques relevant strictement de la protection de l’enfance (mise à l’abri, évaluation, orientation).

Un observatoire des mineurs isolés a été créé en octobre 2010. Placé sous la coprésidence du préfet et du président du conseil départemental, il assure un suivi de la situation des mineurs isolés et favorise la coordination des interventions des différents acteurs. En 2017, l’État et le conseil départemental ont signé le nouveau schéma départemental de l’enfance et des familles qui comprend notamment le renforcement du nombre de familles d’accueil, la création de nouveaux lieux d’accueil et une augmentation des capacités de scolarisation.

Pour les mineurs isolés demandeurs d’asile, l’État a chargé l’association Solidarité Mayotte de mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement socio-éducatif, psychologique et scolaire, qu’il finance entièrement. Il s’agit de favoriser leur accès aux besoins primaires (aliments, vêtements, logements), aux soins médicaux, et d’accompagner leurs démarches de régularisation.

Dans les bangas, mineurs sans référents vivant dans des conditions difficiles