Des élections législatives extra-ordinaires

Des élections législatives extra-ordinaires
8 août 2018

Dans un contexte de boycott des élections législatives partielles des 18 et 25 mars 2018, la préfecture de Mayotte a réalisé une véritable prouesse en permettant la bonne organisation du scrutin malgré des conditions très difficiles.


Un véritable succès pour l’État de droit. En pleine crise sociale, l’organisation des élections législatives partielles des 18 et 25 mars 2018 s’avérait laborieuse pour les services de l’État : politiques, collectifs et intersyndicale boycottaient le scrutin, les barrages routiers empêchaient tout acheminement des personnels et des lots communaux, et bon nombre des 73 bureaux de vote étaient bloqués par des serrures cadenassées ou sabotées par de la colle.

Mais l’enjeu du respect des règles républicaines l’a emporté grâce à des opérations logistiques pour le moins inhabituelles !

C’est en effet par voie maritime que les équipes préfectorales, leurs renforts (cinq agents de la préfecture de la Réunion et 16 fonctionnaires de métropole), et le matériel électoral, ont été projetés dans les différentes communes.

Alors que les conditions climatiques étaient houleuses, les bulletins, enveloppes, urnes, isoloirs, procurations, des réserves d’essence pour les véhicules et les équipes préfectorales ont été acheminés par bateau jusqu’à des plages où les attendait le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie(PSIG) pour sécuriser leur convoi vers les bureaux de vote et hébergements loués pour l’occasion.

Les jours J, tous les bureaux de vote ont pu être ouverts à l’heure dite, notamment grâce aux pinces coupe boulon dont étaient équipés les délégués du préfet pour forcer les cadenas posés à l’entrée de certains bureaux de vote. Les procès-verbaux des opérations de scrutin des deux tours ont été transportés à la préfecture par l’hélicoptère de la gendarmerie.

Le taux de participation a été de 41 % au 2e tour, un score très correct dans le cadre d'une élection partielle, et aucun contentieux n’a été à relever.

« Le ministère de l’Intérieur a montré sa capacité de réactivité en envoyant des renforts, à 8 000 kilomètres, sur un petit territoire de l’océan indien. Et nous avons pu noter le grand dévouement au service public des équipes dépêchées sur place », souligne Eric de Wispelaere, secrétaire général de la préfecture de Mayotte.

En effet, les cadres préfectoraux ont été mobilisés pour des missions aussi diverses que la mise sous plis, dans un contexte d’accueil hostile et de pénurie alimentaire. La direction de la modernisation de l’action territoriale (DMAT) et la direction générale des Outre-mer (DGOM) ont également fourni un soutien juridique et technique indispensable à la bonne tenue de ces élections.