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La Place Beauvau à l’un des siens

La Place Beauvau à l’un des siens © MI/DICOM/J.Groisard

Le 21 juin dernier, soixante-dix ans jour pour jour après son arrestation à Caluire (Rhône), les ministres de l’Intérieur, Manuel Valls, et de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, ont rendu, place Beauvau, à Paris, un hommage au préfet et résistant Jean Moulin.


La cérémonie a débuté par le « chant des partisans » interprété par le chœur de l’armée française.

Après les honneurs au drapeau et le passage en revue des différents détachements par le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Culture et de la Communication, ces derniers ont déposé une gerbe de fleurs devant le monument aux morts du ministère.

Deux élèves de troisième du collège Carnot à Paris, classe lauréate du concours départemental de la Résistance 2013, ont lu un texte de Jean Moulin (lettre du 15 juin 1940 à sa mère et sa sœur).

Manuel Valls et Aurélie Filippetti ont déposé une autre gerbe de fleurs devant la plaque Jean Moulin, dans le hall de l’hôtel de Beauvau.

À l’issue de son allocution, le ministre a remis solennellement à Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, le dossier administratif de Jean Moulin, destiné à être versé aux Archives nationales de France. « Tous ces documents, dans leur simplicité, dans leur authenticité, apportent un éclairage sur Jean Moulin », a souligné le ministre de l’Intérieur.

La cérémonie s’est clôturée par un échange avec les invités.

Lettre de Jean Moulin  à sa mère et à sa sœur.

« 15 juin 1940.- Je vous ai peu donné de mes nouvelles ces derniers jours, La faute en est aux événements tragiques que j’ai vécus. J’ai vu bien des misères humaines.

Mon réconfort a été de voir bien des dévouements obscurs, des dévouements que tout le monde ignorera toujours, hormis quelques spectateurs.

Mon pauvre département est mutilé et saignant de toutes parts. Rien n’a épargné la population civile. Quand vous recevrez cette lettre, j’aurai sans doute rempli mon dernier devoir.

Sur ordre du gouvernement, j’aurai reçu les Allemands au chef-lieu de mon département et je serai prisonnier. Je suis sûr de nôtre victoire prochaine grâce à un sursaut d’indignation du monde et à l’héroïsme de nos soldats (qui valent mieux souvent que l’usage qu’on en fait) viendra me délivrer.

Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger.

Si, par hasard, je ne revenais pas de cette aventure, je voudrais que vous réalisiez un souhait que je formule de tout mon cœur. Je voudrais que Laure adoptât un jeune orphelin parmi les réfugiés français. Ce serait pour moi un prolongement.

Je sais que vous le ferez. Je suis en parfaite santé, malgré les fatigues des derniers jours.

Je pense à vous de tout mon cœur.

Jean

PS- Si les Allemands - ils sont capables de tout - me faisaient dire des choses contraires à l’honneur, vous savez que cela n’est pas vrai. »