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Volontaires, ils passent leurs « vacances » dans un poste de secours !

Volontaires, ils passent leurs « vacances » dans un poste de secours !
18 août 2020

Ils s’appellent François, Lucas ou Océane, ils sont étudiants et s’engagent les deux mois de l’été comme sapeurs-pompiers volontaires surveillants de baignade, sur les plages de la Charente- Maritime.


Postés sur le mirador de la Grande Plage de Saint-Trojan-les-Bains, sur l’île d’Oléron, deux surveillants de baignade observent l’horizon, face à l’océan atlantique. Sur la plage, les palmes à la main et une bouée-tube sur le dos, deux autres jeunes vêtues d’une combinaison et d’un tee-shirt jaune fluo font des allers-retours sur le sable fin.

Surveillance des plages en charente maritime

Avant l’ouverture du poste de secours, ils ont eu le droit à un entraînement matinal, composé de scénarii fidèles aux situations qu’ils peuvent rencontrer : un homme a fait un salto sur une dune et présente un traumatisme du rachis cervical. Les surveillants de baignades s’occupent de lui, exécutent des gestes précis, sous le regard expert de Marion, leur cheffe de poste. Puis, c’est une baigneuse en difficulté qu’il faut aller chercher en mer et ramener sur la plage. « Attention, vous avez mal placé l’ULS (unité légère de sauvetage, un engin motorisé). Anticipez, placez-vous plus loin ! », débrief Marion. À 30 ans, elle surveille les plages l’été depuis 10 ans et le reste de l’année, elle est professeur d’anglais. Les jeunes de son équipe ont entre 18 et 21 ans.

Surveillance des plages en Charente Maritime lors de la saison estivale
Intervention des sauveteurs en Charente Maritime

Il y a Océane, étudiante en école d’ingénieur, François en master de droit, Lucas, dont l’objectif est d’entrer à la BSPP, Jean le vidéaste et Julianne, sapeur-pompier volontaire. Ils sont tous sapeurs-pompiers saisonniers, et arment les postes de secours des plages pendant les deux mois d’été. Pour être surveillant de baignade, ou plus exactement nageur-sauveteur, ils ont d’abord passé des tests de sélection en nage et apnée, puis le BNSSA*, les PSE 1 et 2* et le permis bateau, avant de terminer par le stage « mer », ultime étape en milieu naturel, et d’être affecté dans l’un des postes de secours du département, classés en fonction de leur dangerosité.

Attention aux courants dangereux

Sur les  460 kilomètres de côte de la Charente-Maritime, 55 postes de secours tenus par les sapeurs-pompiers sont répartis du nord de l’Ile de Ré, jusqu’à Meschers-sur-Gironde. Six autres sont armés par la SNSM ou des agents communaux. « Il y a des postes ‟urbains″, comme à Fouras, où la plage est très fréquentée, et des postes ‟ océaniques″, plus exposés à l’Atlantique, avec des risques différents », explique le lieutenant Benoit Pereyrol, adjoint au chef de centre des zones de baignade, un centre de secours dédié, spécificité de la Charente-Maritime.

Quelle que soit la configuration de la plage, une grosse partie du travail du sauveteur est la prévention. « Pensez à vous hydrater et à vous protéger du soleil !», peut-on entendre dans les mégaphones des surveillants de baignade. Ils utilisent aussi des paddle pour aller au contact des baigneurs, et relaient des messages de prévention et de vigilance à chaque personne se présentant au poste. Un objectif : avertir les usagers des risques, pour éviter l’accident. Et les risques sont nombreux ! « Avec ces fortes chaleurs, il faut prendre en considération les écarts de température : l’eau est à 21 degrés, et l’air atteint 42 degrés. Les gens sont exposés au soleil, alors il faut entrer dans l’eau progressivement pour éviter ce fameux choc thermique », prévient Jean-Marc Angalde, expert au centre de secours des zones de baignade. « À Fouras, il y a des risques au niveau des rochers, des piqûres, et des courants qui peuvent vous déporter », précise le lieutenant Peyrerol. On intervient aussi beaucoup sur les enfants perdus, ça peut aller très vite, surtout sur les plages urbaines très fréquentées. »

Les secours cotiers en Charente Maritime en plein exercice

Quand ce n’est pas la prévention verbale, des éléments distinctifs sur la plage ont leur importance, et devraient être connus de tous ! Les deux fanions bleus qui délimitent la zone de baignade par exemple, ne sont pas placés au hasard, mais en fonction des baïnes (succession de cavités provoquant des courants dangereux), des trous d’eau, et des courants traversiers, pour que la baignade soit la moins risquée possible. Le drapeau, dit la « flamme », est également un indicateur à prendre en compte, Flamme verte : baignade surveillée sans danger, flamme orangée : surveillée mais avec un risque potentiel, flamme rouge : baignade interdite car dangereuse. Et pour les connaisseurs : le drapeau blanc et noir indique un vent de terre vers la mer, risquant de faire dériver les petites embarcations, ou les enfants.

*BNSSA = Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique
PSE1-2 : Premier secours en équipe niveau 1 et 2