COVID

Trois questions à Éric Freysselinard

Trois questions à Éric Freysselinard
16 novembre 2020

Préfet, Directeur de l’Institut des hautes études du ministère de l’intérieur (IHEMI).


Pourriez-vous nous présenter l’IHEMI, qui a été créé par arrêté du 3 septembre 2020 ?

Il s’agit en fait de la fusion de deux institutions, bien connues de tous : d’une part, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), qui s’était appelé, lors de sa création en 1989, IHESI et, en 2004, INHES, qui organisait chaque année trois sessions nationales « sécurité et justice », « intelligence économique » et « management de la crise » et conduisait une activité d’études et de recherches particulièrement féconde ; d’autre part, le Centre des hautes études du ministère de l’intérieur (CHEMI), qui organisait des cycles annuels et des ateliers de formation pour les cadres dirigeants du ministère de l’intérieur (corps préfectoral, commissaires de police, officiers supérieurs de police et de gendarmerie nationale ainsi que de la sécurité civile) tout en entretenant des liens privilégiés avec le ministère des Armées.

Issu de ce double héritage, l’IHEMI est aujourd’hui un service à compétence nationale (SCN) qui relève du secrétaire général du ministère de l’intérieur, le préfet Jean-Benoît Albertini.

article-eric-freysselinard-ihemi

Quel est votre parcours ?

Agrégé d’espagnol, j’ai enseigné quelques années cette langue tout en étudiant à Sciences Po et ensuite à l’ENA. Directeur de cabinet à Angers auprès de Bernard Boucault, j’ai ensuite été affecté à Lyon comme secrétaire général adjoint auprès de Paul Bernard et de Michel Besse, puis j’ai poursuivi mon parcours professionnel à l’IGA, à la DGCL (bureau des services publics locaux), au cabinet du ministre chargé des collectivités locales, à la préfecture d’Ile-de-France comme directeur de cabinet de Bertrand Landrieu, fonction que j’ai gardée au cabinet du ministre chargé des relations avec le Parlement.

J’ai ensuite été préfet, d’abord comme préfet délégué à l’égalité des chances dans l’Essonne auprès de Jacques Reiller, puis comme préfet de département à Vesoul et Carcassonne, avant une mission de près de cinq ans comme directeur des stages de l’ENA, et enfin comme préfet de Meurthe-et-Moselle pendant un peu plus de deux ans et demi.

C’est sans doute ma double carrière en préfecture et dans le monde de l’enseignement qui a conduit le ministre à me confier cette nouvelle responsabilité.

Quelles seront les missions de ce nouvel institut ?

Installé à l’École militaire et au fort de Charenton de Maisons-Alfort, l’IHEMI, à la demande du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, va développer les trois sessions nationales annuelles, ouvertes à tous les cadres supérieurs du ministère, des autres administrations (je pense notamment à la magistrature et aux armées) et de la société civile. Il continuera à assurer la formation continue des cadres dirigeants de la gendarmerie, de la police, des sapeurs-pompiers et va développer les journées d’études et de réflexion des préfets et les sessions de réflexion stratégique.

L’un de ses produits phare, la formation et l’entraînement à la gestion de crise, déjà suivi par les responsables du ministère de l’intérieur et les élèves de l’ENA, s’ouvrira aux responsables d’autres ministères.

En lien avec la sous-direction du recrutement de la formation de la DRH, l’IHEMI contribuera à développer la formation en ligne notamment en s’appuyant sur le réseau interministériel et l’université.

En poursuivant l’activité du département « Études et Recherches » de l’INHESJ et en l’associant aux missions de prospective qui étaient dévolues au CHEMI, l’Institut développera une activité de recherche par des partenariats avec l’université, en particulier en matière d’innovation et d’analyses stratégiques, et poursuivra la publication des Cahiers de la sécurité intérieure.