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Pleinement mobilisées, les Forces de sécurité et de secours des Pyrénées-Orientales procèdent aux premières évacuations des habitants de la zone

Pleinement mobilisées, les Forces de sécurité et de secours des Pyrénées-Orientales procèdent aux premières évacuations des habitants de la...
22 janvier 2020

Des pluies torrentielles sont tombées toute la journée sur les Pyrénées-Orientales, entrainant notamment la crue de l’Agly, l’une des rivières traversant le département. Les sapeurs-pompiers ont procédé à des reconnaissances, sont allés à la rencontre des habitants pour vérifier leur mise en sécurité, avant la suite des précipitations attendues cette nuit


Sapeurs-pompiers dans les Pyrénées-Orientales

Le véhicule 4x4 rouge et jaune, habituellement utilisé pour les feux de foret, franchit les routes déjà inondées de Saint Paul de Fenouillet, commune des Pyrénées-Orientales. Les sapeurs-pompiers du village sont renforcés par des spécialistes en canyon et eaux-vives, pour procéder à des reconnaissances et vérifier la mise en sécurité des habitants. Le maire de la commune vient à leur rencontre. « L’avantage, c’est que les élus connaissent les personnes les plus sensibles, ou qui seraient en incapacité de sortir du danger par leur propres moyens, raconte un sapeur-pompier. Alors nous allons les voir, on vérifie qu’ils aient un étage pour se mettre en sécurité, et nous suivons l’évolution de la situation. » Au bord du cours d’eau de l’Agly, le camping communal est déjà en partie sous l’eau. « Hier soir, la rivière était encore basse, ça n’arrête pas de monter, témoigne Jean-Luc, le directeur. Je ramasse tout le matériel que j’avais entreposé, et ce qui pourrait être emporté. Les pompiers sont déjà venus me voir deux fois.»

Jordi et sa collègue Aurore se rendent, sous des trombes d’eau, dans un lotissement où les habitations sont en zone inondables : « On donne les consignes de sécurité, comme se mettre sur un point haut en cas de besoin, ou aller au foyer rural ouvert pour l’occasion. Le niveau de l’Agly est déjà beaucoup plus haut qu’il y a deux heures, et l’intensité du courant a augmenté. » Ce type d’intervention nécessite une organisation et des procédés qui changent du quotidien des sapeurs-pompiers. « Ce sont des situations un peu extrêmes qui nous font sortir de notre zone de confort », reconnait Jordi. Aurore est pompier depuis 20 ans : « Pour moi, sur tous les types d’interventions que l’on fait, les inondations sont les pires, car quelque part, on est impuissant. Tant qu’il pleut, à part mettre des gens en sécurité et des barrières, on ne peut rien faire tant que l’eau ne baisse pas toute seule.» Jean-Philippe, est quant à lui sapeur-pompier spécialiste des interventions en canyon : « Pour nous, la difficulté si l’on intervient, c’est la force de l’eau, mais aussi tous les pièges sous la surface, que l’on ne voit pas, comme des trous, des fosses, des bidons, ou des choses qui peuvent nous aspirer. Ça peut paraître calme, mais dès que l’on entre dans l’eau, on se fait vite emporter.»

Sapeurs-Pompiers dans le 66

Un peu plus loin, au niveau du Pont de la Fou, l’Agly ne donne plus cette sensation de calme. Le courant est impressionnant, la route est d’ailleurs barrée et le pont en pierre centenaire menace de s’effondrer.  « Avec ce courant, même pour les spécialistes, ce serait problématique, reconnaît un sapeur-pompier. On ne peut rien faire face à une telle puissance. C’est pour cela que l’on sécurise les routes, on va voir la population et on leur demande d’éviter de prendre des risques inutiles. C’est aussi pour éviter que nos hommes se mettent en danger ». Les secouristes tirent des leçons des inondations de 2014 à Saint-Paul de Fenouillet : « La route principale d’accès pour les secours avait été submergée. Cette fois, les unités spécialisées ont été envoyées en amont au centre de secours, pour qu’il y ai le dispositif nécessaire pour secourir la population ».

Evacuation par les sapeurs-pompiers dans les Pyrénées-Orientales

Alors que l’hélicoptère Dragon 66 de la sécurité civile effectue des reconnaissances tout le long de l’Agly, de Rivesaltes à Toreilles, le chef centre de secours de Rivesaltes fait un point pour ses effectifs : « Il y a des brèches probables sur la digue qui peuvent entrainer des débordements. Il faut continuer de procéder aux évacuations préventives ». Habitations, personnes isolées,  camp de gens du voyage, zones industrielles,…les services de l’État, avec les personnels de la mairie, patrouillent dans les secteurs à risque et incitent les personnes à quitter la zone ou se regrouper dans des salles prévues. « Ces évacuations permettent d’anticiper sur les prévisions de la nuit et le volume des précipitations attendue, pour éviter d’avoir à faire des évacuations curatives en peine nuit. ».