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Marie, gardien de la paix, a défilé en 2019

Marie, gardien de la paix, a défilé en 2019
8 juillet 2020

« Commencer ma carrière par un tel honneur a été pour moi une très grande fierté, je suis heureuse d’avoir pu le faire ». Pour Marie, le défilé du 14 juillet 2019 sur les Champs-Élysées, alors qu’elle sort tout juste de l’école des gardiens de la paix, a été le baptême du feu.


L’aventure commence quelques mois plutôt, lorsqu’elle intègre l’École nationale de police de Sens : le directeur prévient alors les quelques 120 recrues de cette nouvelle promotion que seules 60 d’entre elles auront l’honneur de participer au prestigieux défilé parisien. Si Marie ne manquait déjà pas de motivation, il n’en fallait pas plus pour qu’elle redouble de volonté et passe avec succès les différentes épreuves qui allaient faire la différence. Et le travail a payé puisque, en définitive, elle a même été choisie pour être l’un des six porte-drapeaux du cortège, situés en tête du peloton de son école.

« Avant le défilé, j’étais très stressée, très angoissée, se souvient Marie. On sait qu’on est regardé par la France entière… On va passer devant le président de la République et les plus hautes autorités de l’État… c’est très impressionnant ». L’entraînement intensif suivi pendant deux semaines à Versailles Satory aura pourtant raison de cette appréhension : « Je me suis concentrée, j’ai vite retrouvé mes esprits… La formation était rigoureuse, précise, il n’y avait aucune raison que ça se passe mal, nous sommes donc partis confiants », confie Marie en soulignant l’importance du collectif, de l’esprit de groupe dont a fait preuve l’ensemble des camarades auprès desquels elle a su trouver le soutien nécessaire.

L’entraînement était pourtant intense. Il a consisté d’abord à effectuer d’interminables marches au pas, sans cesse recommencées jusqu’à ce que tous les gestes soient parfaitement en place, coordonnés. « Il faisait une chaleur étouffante et nous terminions la journée avec de douloureuses ampoules aux pieds ! », se remémore Marie. Et les exercices se sont encore amplifiés lorsqu’il a fallu répéter avec l’ensemble des unités participant à la cérémonie, cette fois sous l’œil de caméras spécialement installées pour traquer le moindre défaut qu’il fallait ensuite corriger.

Le jour J, une fois lancé, le défilé – exécuté au millimètre – a pourtant continué à lui procurer de belles émotions. « Pour moi, un des moments les plus intenses a été lorsque la patrouille de France est passée au-dessus de nos têtes, larguant ses panaches de fumée tricolore… j’ai alors vu mon collègue qui portait le drapeau pleurer », se souvient-elle, précisant que, jusqu’au dernier moment et pour des questions d’organisation, ses camarades et elle-même n’étaient pas sûrs de pouvoir assurer cette position prestigieuse de garde drapeau. Tout un symbole donc pour ces jeunes, conscients de servir pour toute une carrière les couleurs nationales.

Autre émotion, beaucoup plus intime celle-là, c’est celle que Marie a éprouvée tout au long du parcours en pensant à sa mère, décédée l’année de son concours : « Ce défilé, elle voulait que je le fasse, elle m’a beaucoup soutenue et je l’ai fait aussi pour elle ».