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Le Tour est lancé pour les services de l’État

Le Tour est lancé pour les services de l’État
29 août 2020

Avec le départ du Tour de France 2020, ce samedi 29 août à Nice, s’engage une véritable course contre la montre pour les services de l’État des 32 départements traversés. Au centre opérationnel départemental des Alpes-Maritimes, tous les acteurs étaient sur le pont pour laisser place à la fête.


COD Tour de France 29-08-2020

C’est au 11e étage du CADAM, le centre administratif départemental des Alpes-Maritimes, que le centre opérationnel départemental (COD) était activé en ce samedi 29 août au sein de la préfecture.

Une salle où les services de l’État locaux ont l’habitude de se retrouver tant les Alpes-Maritimes reçoivent énormément d’événements dans le département mais aussi pour faire face à des risques naturels. Autour des murs d’écrans et des mains courantes, hauts fonctionnaires, gendarmes, policiers, sapeurs-pompiers, mais aussi représentants de la métropole, de la ville de Nice, du département, et tous ceux qui ont une action sur l’organisation des étapes du Tour dans les Alpes-Maritimes travaillent de concert. Témoignages de plusieurs de ces acteurs incontournables…

Rémi Recio, directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes

« Nous avons l’honneur mais aussi la charge, pour les services de la préfecture, d’assumer la responsabilité morale de la réussite de cette grande épreuve, qui est un exemple de la manière qu’a le pays à reprendre vie. Les consignes du Gouvernement sont très claires à ce sujet, nous devons vivre avec l’épidémie du Covid. L’une des particularités a été le report de la date de ce Tour et une nécessaire adaptation de notre dispositif de sécurisation aux contraintes sanitaires, notamment avec le passage en rouge de notre territoire.

Le Tour représente le premier grand événement populaire organisé sur notre territoire depuis le début de la pandémie, cela a pris un enjeu encore plus grand car nous avons considéré que nous avions la responsabilité de la réussite du Tour de France, la réussite en termes d’organisation, de sécurisation, mais aussi la réussite dans l’image que renvoie notre département et l’administration préfectorale. Nous avons les yeux du monde rivés sur la ville de Nice et le département des Alpes-Maritimes. Nous souhaitions renvoyer une image populaire mais maîtrisée, une image d’une France qui reprend son souffle et revient à la vie malgré le virus, en pleine responsabilité.

Dans la gestion du Covid, la collaboration maire-préfet est primordiale, mais avec le Tour de France, nous y avons ajouté le Centre interministériel de crise et le cabinet du ministre de l’Intérieur avec qui nous avons étroitement travaillé pour préparer cette épreuve, mais aussi ASO, l’organisateur du Tour. Des forces qui poussent en même temps, dans le même axe, ce qui permet de réussir ce genre d’événement.
Nous avons adapté au plus juste notre dispositif : quatre sous-préfets et le préfet sont actuellement mobilisés sur le Tour de France pour gérer les différents centres de commandement et les visites officielles d’autorités, mais aussi un sous-préfet qui est mobilisé pour la gestion du quotidien sur l’ensemble du département.

L’articulation du COD en préfecture, du centre de contrôle du Tour de France (CCTDF) et du centre de supervision urbain (CSU) de la ville de Nice, est primordiale. Le CSU, avec ses moyens vidéos, est un appui incontournable en matière de gestion de l’ordre public, le CCTDF gère la bulle tactique de la course et le COD assure la gestion départementale. Un dispositif complet pour assurer au plus près la sécurisation de chacun. Nous souhaitons que la course se passe parfaitement, de voir les sourires des enfants tout au long des étapes. Le fait de sentir que la ville bat au rythme de la course, que nous donnons aux collègues des autres départements une sorte de mode d’emploi, de socle de mesures de protection qui permettront à la course de se tenir jusqu’au bout, est une vraie victoire. »

Anne Frackowiak-Jacobs, sous-préfète de Grasse et chef du COD

« Les enjeux sont nombreux pour la préfecture et les services de l’État sur ces trois jours de course dans le département. Nous devons assurer la sécurité sur le parcours, mais aussi en dehors avec des événements qui pourraient surgir et perturber l’épreuve. C’est notre sujet majeur.

Il y a aussi un fort enjeu d’image car nous sommes regardés par des millions de téléspectateurs à travers le monde. Nous devons donner une bonne image de ce Tour un peu particulier, où la sécurité sanitaire est assurée pour laisser place à la fête. Notre dispositif est donc très important, préparé depuis de longs mois, avec des réunions régulières avec l’ensemble des acteurs concernés et un travail très conséquent de la préfecture. De nombreux arrêtés préfectoraux ont été pris pour cet événement : un plan ORSEC spécifique développé par le service interministériel de défense et de protection civile (SIDPC) de la préfecture, un arrêté qui interdit les manifestations de voie publique sur le parcours, un arrêté qui interdit le survol, un arrêté relatif à la circulation routière ou encore un arrêté relatif à la navigation en mer.

C’est un lourd travail de préparation, de concertation mais aussi un lourd travail administratif. Les services préfectoraux sont depuis plusieurs mois extrêmement sollicités pour cet événement et ont tous répondu présents.»

Jean-Yves Orlandini, directeur adjoint des sécurités au cabinet du préfet

« J’accomplis la mission de chef de salle au sein du COD, c’est-à-dire que je dois organiser à la fois la vie du COD et faire la jonction avec l’ensemble des services présents pour faciliter l’échange d’informations, tant pour les remontées sur le plan national que pour assurer la diffusion en local à destination des maires concernés par l’événement.

Nous comptons une vingtaine de personnes au sein du COD, possiblement renforcé par du personnel supplémentaire si un éventuel événement venait à apparaître durant ces trois jours de course au sein du département. Les équipes présentes dans cette salle sont particulièrement bien préparées et aguerries à l’exercice puisque nous avons eu à connaître des événements particuliers car, hormis le risque volcanique, les Alpes-Maritimes sont concernées par l’intégralité du spectre de risques existants sur le territoire national. »

Henry-Louis Deiber, commandant en second du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes

« Sur les trois premières étapes du Tour de France nous avons près de 300 km de parcours qui concernent la zone gendarmerie, dont trois cols. Il y a donc eu une mobilisation du groupement qui est à la hauteur de la mobilisation générale de la gendarmerie, avec 1750 personnels déployés sur l’ensemble des trois étapes, issus de la gendarmerie départementale, les moyens spécialisés avec la lutte anti-drones, la brigade nautique côtière mais également la gendarmerie des transports aériens et la gendarmerie maritime, qui concourent à la sécurité et au bon déroulement du Tour de France.

Nous œuvrons à travers le jalonnement le long des étapes à assurer la sécurité de l’itinéraire mais aussi une capacité de réaction, préparée et présentée par cinq pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), qui sont en mesure d’intervenir en tous points du département et d’intervenir dans des délais très brefs. Nous avons également cette année une dimension toute particulière avec la Covid, qui a ajouté une contrainte supplémentaire pour limiter l’accès du public aux cols. Nous avons aussi dédié des personnels pour éviter les rassemblements importants et militer pour le port du masque généralisé sur l’ensemble du parcours. C’est une préparation en profondeur et minutieuse de plus d’un an qui arrive à son terme avec la tenue de l’événement. »

COD Tour de France 29-08-2020

Stéphanie Perret de Fligue , commandant de police rattachée à l’état-major de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Alpes-Maritimes

« Une grande partie de la course se déroulant en zone police sur la ville de Nice, les enjeux sont évidemment basés sur la sécurité du peloton du Tour mais aussi du public présent. Il y a un maillage total et une étroite collaboration entre la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale car nous sommes régulièrement amenés à travailler ensemble. Plus de 1600 policiers sont mobilisés sur le département pour les trois jours de course. Nous avons entre six et huit compagnies de CRS en renfort sur le dispositif global mais également des renforts sécurité publique d’autres circonscriptions du territoire.

Nice est une ville qui a été dramatiquement mise en avant il y a quatre ans, et nous avons tous ici besoin de ce genre d’événement comme le Tour de France, de cette grande liesse populaire, pour laisser derrière nous ces mauvais souvenirs. Le succès de notre dispositif se mesurera lundi midi après le départ de la troisième étape, et qu’aucun incident n’aura été à déplorer sur le parcours de la course. LE COD en préfecture est une force de transmission de l’information entre le terrain, le PC course et le PC sécurité.

Nous sommes là pour assurer et se confronter en cas de crise majeure. C’est un centre névralgique qui permet de centraliser et de diffuser à tous la bonne information, pour ne rien louper et réagir au plus vite et au plus près. »

Lieutenant-colonel Erick Calatayud, chef du groupement formation au sein du SDIS 06

« L’importance pour l’autorité préfectorale d’avoir les sapeurs-pompiers autour de la table est de pouvoir se renseigner sur les dispositifs mis en place tout au long de l’événement et en cas de crise de pouvoir lui apporter tous les éléments et les conseils possibles. Nous avons mis en place tout un dispositif sur le département pour assurer la gestion courante de nos missions dans un contexte particulier, d’autant plus que nous sommes dans un période de feux de forêt.

490 sapeurs-pompiers sont aujourd’hui en poste dans les casernes pour assurer la gestion courante du quotidien, auquel s’ajoute un dispositif feux de forêt avec 140 collègues présents sur le terrain, et pour le Tour de France un dispositif de 73 sapeurs-pompiers, dont certains postés directement dans la zone de départ et tout au long du parcours. Ce dispositif nous permettrait en cas de crise de mettre immédiatement en place un dispositif NOVI (nombreuses victimes), NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques) ou tout autre risque qui sortirait de l’habituel.

Nous échangeons les informations avec les collègues présents au sein du CODIS ou du centre de contrôle du Tour de France.  Le SDIS 06 est habitué à gérer ce type d’événements importants, je pense notamment à un récent G20, au festival de Cannes… Nous avons au sein du SDIS un groupe en prévision qui, en collaboration avec les différentes compagnies opérationnelles, a travaillé pour la mise en œuvre d’un plan et d’un ordre départemental d’opération, qui permet de planifier l’intégralité d’un tel événement du début à la fin, et d’adapter sur le terrain les dispositifs et les moyens. »