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La « bulle privative » du Tour de France

La « bulle privative » du Tour de France
28 août 2020

Le Tour de France 2020 prendra son départ le samedi 29 août depuis Nice, pour s’achever, 3400 km plus tard, le dimanche 20 septembre à Paris. La course se déroule sur les routes du territoire, immense stade ouvert, aux côtés de centaines de véhicules et de millions de spectateurs amassés sur les bords des routes. Sur cet espace délimité cohabitent de nombreux piétons, cyclistes, véhicules légers, motos… Le fonctionnement de la « bulle privative » est donc particulièrement codifié pour la sécurité de chacun.


La « bulle privative » du Tour de France est un espace privatisé par arrêté ministériel. Le temps du passage du Tour, les routes traversées dans les 32 départements de cette édition 2020 sont donc mises à disposition des organisateurs de la course, pour une moyenne de deux heures en général. Cette « bulle » est délimitée par les véhicules d’ouverture et de fermeture de la Garde Républicaine. Elle se compose de trois échelons : la caravane publicitaire, le sas de régulation et la course.

La caravane publicitaire

Peloton d'intervention de la Garde Républicaine sur le Tour de France 2020

Les motocyclistes de la Garde Républicaine se présentent sur la chaussée. C’est le début de l’usage privatif et de l’ouverture de la caravane publicitaire. Celle-ci est un défilé de 40 minutes, représentant une longueur de 12 kms et se composant en moyenne chaque année de quelques 220 véhicules publicitaires de partenaires du Tour de France. Pour l’édition 2020, les mesures sanitaires contre le Covid-19 ont contraint l’organisateur ASO d’amputer de 40 % le nombre de véhicules dans la caravane.

Les véhicules de la caravane dérogent des canons traditionnels du Code de la route avec des gabarits exceptionnels et des véhicules circulant en quinconce. La circulation y est donc organisée avec des règles propres, notamment une vitesse ne pouvant excéder les 30 à 50km/h en agglomération et les 80km/h hors-agglomération.

Ce sont trois véhicules de police qui assurent la mission de sécurité au sein de la caravane  - un véhicule à l’avant, un au milieu et à un l’arrière de la caravane – et font appliquer les règles particulières de circulation de ce stade à ciel ouvert. Leur souci se porte avant tout vers le public pour assurer sa sécurisation le temps du passage de la caravane et peuvent immédiatement intervenir si un incident se produit au bord des routes.

Deux ambulances médicalisées sont présentes dans la caravane. Des messages de sécurité sont diffusés à l’attention du public en huit langues : le public doit absolument rester sur le bas-côté de la route, les enfants doivent être avec leurs parents et éviter de traverser la chaussée… L’organisateur du Tour, ASO, a pris en compte ces aspects : les véhicules ne circulent pas de front, mais en quinconce. De même, les changements de trajectoire intempestifs sont prohibés. La caravane publicitaire circule entre 2h00 et 45 minutes avant le passage des coureurs.

Le sas de régulation

Enjeu de sécurité prioritaire, le sas de régulation se situe entre la caravane publicitaire et la course en tant que telle. Entre 200 et 250 véhicules se situent dans cette zone, à l’arrière de la caravane publicitaire et à l’avant de la course.

Les règles de circulation y sont scrupuleusement respectées, notamment en termes de limitation de vitesse, ne pouvant excéder les 30 à 50km/h en agglomération et les 80km/h hors-agglomération. La Garde Républicaine y opère régulièrement des contrôles de vitesse et d’alcoolémie. Une ambulance médicalisée est placée dans le sas de régulation. Le sas de régulation débute dès la fin de la caravane publicitaire, entre 1h15 et 15 minutes avant le passage des coureurs.

Le passage de la course

Le moment tant attendu arrive. Les 176 coureurs du peloton circulent sur la chaussée, ouverte par des motocyclistes de la Garde Républicaine. La course est régie par des règles de fonctionnement inscrites à l’Union cycliste internationale (UCI). L’article 1.2.082 de l’organisation générale du sport cycliste souligne que« les coureurs doivent observer la plus grande prudence. Ils sont responsables des accidents qu’ils causent. Ils doivent observer les dispositions légales du pays où l’épreuve se déroule en ce qui concerne leur comportement en course. »Cette fois-ci c’est la Gendarmerie nationale qui est en charge de la sécurisation et de l’application des règles de « bonne conduite » sur les routes.

Caravane Publicitaire Tour de France

Une centaine de véhicules (motos et autos) suivent le peloton.

La voiture balai clôt le passage des coureurs, alors que le véhicule « fin de course » matérialise la fin de l’usage privatif. Après son passage, plus aucun véhicule de l’organisation ne se trouve derrière. La réouverture de la chaussée s’effectue environ dix minutes après son passage.

Le passage du peloton peut se faire en quelques minutes si le peloton est groupé. Lors des étapes de montagne, les coureurs s’échelonnent sur une vingtaine de minutes. Des motocyclistes de la Garde Républicaine ferment également la course.

Sur les routes de France…

Pour faire circuler et cohabiter les 176 coureurs du peloton, les 4500 suiveurs qui les accompagnent et les millions de spectateurs qui les encouragent, ASO sollicite le concours de l’Association des Départements de France (ADF).

ADF a en effet hérité depuis 2004 des prérogatives du ministère de l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer, et prend en charge la gestion de 400 000 kilomètres de routes. Sur le parcours du Tour de France, 97% des voies sont entretenues par les départements. ADF joue donc un rôle central pour l’information et le guidage des usagers, la protection de la signalisation, la surveillance des ronds-points et des rétrécissements, ainsi que l’optimisation de la gestion des déchets et la remise en état de la route avant et après le passage des coureurs.

Pour l’édition 2020, 32 départements seront au total concernés par le passage du Tour de France. Ce ne sont pas moins de 3.000 agents départementaux qui sont mobilisés sur le parcours, en amont pour garantir la qualité du réseau et le jour de l’étape pour intervenir en cas d’ajustements de dernière minute. Une équipe de quatorze personnes, dont onze agents mis à disposition par les départements, est détachée durant les trois semaines de l’épreuve.

Richard WAWRZYNIAK