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Bus France Services : des administrations itinérantes à la rencontre des habitants

Bus France Services : des administrations itinérantes à la rencontre des habitants
29 juillet 2020

Un bus, un guichet unique. Depuis janvier dernier, un camion bleu sillonne les routes de l’Avesnois, dans le Nord.

Ce bus France Services, issu d’un partenariat entre la préfecture et le Département, dessert une vingtaine de communes de ce territoire rural pour aider les habitants dans leurs démarches administratives.


Ce mercredi, comme une fois par mois depuis le 13 janvier où il a été inauguré par Michel Lalande, préfet des Hauts-de-France, préfet du Nord, et par le président du conseil départemental du Nord, un « Bus France Services » se gare à 9 heures du matin, place du Général de Gaulle à Cousolre, petite commune de l’Avesnois située à la frontière belge. D’un bleu soutenu, il est impossible de le rater, coincé entre la mairie et le kiosque, sur la place principale de ce village de moins de 2 300 habitants.

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Ce jour-là, c’est Laura Paquié, chargée de relations publiques, qui assure l’accueil de la vingtaine de Cousolreziens qui vont se succéder (depuis juillet, uniquement sur rendez-vous, mesures sanitaires obligent !) dans les quelques 42 m2 de ce camion dont la remorque se déploie de part et d’autre d’une passerelle d’accès. « Nous disposons d’un espace d’attente et d’un bureau confidentiel, ainsi que de deux postes informatiques en accès libre desservis par une connexion 4G et du wifi » : Laura Paquié n’est pas peu fière de cet équipement flambant neuf, mis à disposition par le conseil départemental du Nord dans une coproduction financée en partie, pour 30 000 euros chacun, par l’État et la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts).

Derrière son bureau, l’agent reçoit les usagers, écoute leurs demandes, cherche à leur apporter une réponse. Rompue aux subtilités des différents sites Internet ou en lien téléphonique direct avec des référents dédiés, elle navigue à l’aise avec la dizaine d’opérateurs nationaux et de services départementaux accessibles depuis son poste de travail, de Pôle emploi à la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) en passant par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) ou encore la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). « Démarches administratives du quotidien liées à la santé, à la famille, à la retraite ou à l’emploi ; aide au renouvellement des papiers d’identité, du permis de conduire et de la carte grise ; déclaration de revenus et appropriation du prélèvement à la source : il y a une véritable demande dans toutes les communes que nous traversons, assure Laura Paquié. On est attendu partout où on passe, notamment grâce à la périodicité qui créée une habitude : nous stationnons une fois par mois, le même jour – souvent le jour de marché – dans l’une des vingt communes de l’arrondissement d’Avesnes qui bénéficient de ce dispositif itinérant ».

En effet, labellisé par la préfecture qui a accompagné sa création, « ce bus est une version ambulante des quatre maisons France Service du département », explique Alexander Grimaud, sous-préfet d’Avesnes-sur-Helpe, à la manœuvre pour le déploiement de ces services publics de proximité sur ce territoire rural, souffrant d’isolement et classé prioritaire au titre du Schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services publics (SDAASP). « Ce projet s’inscrit dans le Pacte de réussite Sambre-Avesnois-Thiérache, signé le 7 novembre 2018 par l’État et l’ensemble de ces trois territoires pour changer le quotidien de leurs habitants, confrontés à des difficultés socio-économiques importantes », insiste le sous-préfet, soulignant que le dispositif s’inscrit également dans la Stratégie de lutte contre la pauvreté et le plan d’action départemental en faveur de la mobilité rurale. « En trois mois d’exploitation, de la mise en circulation de ce bus au confinement, pas moins de 680 usagers se sont ainsi fait accompagner par des agents spécifiquement formés, détaille Alexander Grimaud. Et un premier bilan fait état d’un retour de satisfaction de près de 94 % ». Pas étonnant, pour Laura Paquié qui confie être confrontée au grand désarroi de certains habitants, souvent âgés. « Certains n’ont aucun équipement où se sont connecté jadis avec l’adresse mail d’un voisin », cite-t-elle par exemple, expliquant que les premières réactions sont généralement positives car ceux qui viennent obtiennent une réponse concrète à des démarches qui n’aboutissaient pas.

Cette satisfaction des habitants témoigne du difficile accès aux services publics dans les communes comme Cousolre où les administrations les plus proches, ici à Maubeuge, se trouvent à près de vingt minutes en voiture. C’est pour y remédier que, le 25 avril 2019, le président de la République annonçait le déploiement de ce réseau de services publics polyvalents, appelé à remplacer progressivement les maisons de services au public (MSAP), sous le nom de « France Services », afin de permettre aux usagers de procéder aux principales démarches administratives du quotidien dans un lieu unique. Pas moins de 1 800 structures devraient être déployées d’ici 2022, soit au moins une par canton.

Jacques Prévot