COVID

À la Bérarde, le poste de secours du bout du monde

À la Bérarde, le poste de secours du bout du monde
29 juillet 2020

Le poste de secours de la Bérarde, avec vue sur le mythique sommet de la Meije, accueille deux gendarmes chaque été pour conseiller, accompagner et veiller sur les montagnards.


« À tous les refuges de l’Oisan et de l’Écrin, ici le poste de secours de la Bérarde pour le point météo de 18h30. Cette nuit, des orages isolés se maintiennent. Demain, malheureusement encore des orages, mais le soleil fera des apparitions… » Ce n’est pas Sébastien Folin, mais Vincent, gendarme mobile, qui transmet, comme tous les soirs, le point météo aux refuges du massifs des Ecrins, depuis le poste de secours de la Bérarde.

la-berarde-secouriste

La Bérarde, petit hameau de Saint-Christophe-en-Oisans, est au cœur du massif des Écrins. Ici règne une atmosphère de bout du monde, et pour cause : c’est le dernier hameau avant les refuges et la haute-montagne. L’été, jusqu’à 400 personnes, quand le camping est plein, viennent s’y aventurer. L’hiver, c’est un village fantôme puisque la route permettant d’y accéder est fermée, à cause des neuf couloirs d’avalanches qui la traversent. Quelques habitations, des hôtels, des petits commerces, et un poste de secours bordent la rivière sauvage du Vénéon. Deux gendarmes tiennent ce poste l’été, en alternance chaque semaine avec les CRS de montagne.

« Nous pouvons intervenir sur des secours en soutien du poste de l’Alpe d’Huez, mais nous avons surtout un rôle de contact, de renseignement sur la montagne, de prévention, et nous recevons au  poste des randonneurs pour des petites blessures », raconte Gilles, du peloton de gendarmerie de haute-montagne de l’Isère. « Nous sommes aussi un point de contact important pour les gardiens de refuge, ajoute Vincent. Ils sont isolés et ont peu de moyens de communication. Parfois, ce sont eux qui nous transmettent des alertes. Hier, j’ai profité de devoir passer dans un refuge pour leur apporter 9 kilos de viande. » Les gendarmes visitent également les refuges pour veiller au respect des mesures sanitaire propres à la crise du Covid, et une fois par semaine, Gilles et Vincent font une conférence au hameau, pour présenter leur unité, leur mission, et un historique du secours en montagne.

la-berarde-secouriste-randonneurs

La permanence à la Bérarde n’est pas déplaisante pour ces couteaux-suisses du service public. « J’aime bien venir là, on est au milieu des montagnards, des vrais. On croise les guides, et tous les professionnels de la montagne », témoigne Gilles, qui vient ici depuis vingt-six ans. Le seul regret qu’il constate, c’est l’impact du réchauffement climatique : « Je vois que le glacier de la Pilate a beaucoup reculé, les névés disparaissent, les éboulements sont de plus en plus fréquents… » Il remarque aussi un changement de pratiques : « Le VTT, le parapente ou le canyoning étaient des activités plus marginales il y a vingt ans. En revanche, moins de gens pratiquent l’alpinisme, et leur matériel est plus performant, il y a donc moins de secours ».